Écrire Un militant risque un procès inique

Le militant politique syrien pacifique Mohamed Saleh a été arrêté le 23 octobre dernier par les services de renseignement de l’armée de l’air syrienne. Les informations que nous avons reçues indiquent qu’il pourrait bientôt faire l’objet d’un procès inique devant un tribunal militaire. Cet homme risque d’être victime de torture et d’autres mauvais traitements.
Une source en Syrie a informé Amnesty International que des agents des services de renseignement de l’armée de l’air syrienne s’étaient rendus chez Mohamed Saleh dans l’après-midi du 23 octobre 2015 et lui avaient dit de venir avec eux dans leurs bureaux, affirmant que ce ne serait pas long. Ils ont saisi certains de ses effets personnels et n’ont donné aucune explication. Cet homme est détenu au secret depuis. On ignore s’il se trouve toujours dans les mêmes locaux à Homs ou s’il a été transféré ailleurs. Amnesty International craint pour le bien-être de cet homme au vu de différentes études qui indiquent que les forces de sécurité ont fréquemment recours à la torture et d’autres mauvais traitements dans les centres de détention syriens, provoquant la mort de bon nombre des détenus.

Le même informateur a expliqué à Amnesty International avoir reçu des renseignements suggérant que Mohamed Saleh risquait d’être jugé devant un tribunal militaire d’exception. L’organisation s’oppose au jugement des civils, ainsi que des soldats et des membres des forces de sécurité soupçonnés d’avoir commis des violations des droits humains aux termes du droit international, devant des juridictions militaires. En outre, les procédures qui se déroulent devant les tribunaux militaires d’exception sont loin de respecter les normes internationales en matière d’équité des procès. Les accusés ne bénéficient d’aucune assistance juridique, les décisions des tribunaux sont contraignantes et aucun appel n’est possible.

Mohamed Saleh est un ancien prisonnier d’opinion, arrêté dans les années 1980 et incarcéré pendant 12 ans en raison de son travail pour l’un des partis communistes non autorisés en Syrie. Il a également été détenu très brièvement en octobre 2011 après l’éclatement de la crise dans ce pays. Il aurait alors été victime d’actes de torture et d’autres mauvais traitements. Avant cela, il œuvrait à faciliter la communication entre les parties au conflit dans la région de Homs, afin de protéger les civils.

D’anciens détenus ayant raconté leur histoire à Amnesty International ont fait état de conditions misérables dans les centres de détention non officiels syriens. Ainsi, ils ont été régulièrement soumis à des actes de torture et d’autres mauvais traitements, y compris des coups – le plus souvent en étant maintenus dans des positions inconfortables – des privations de sommeil, des décharges électriques et des violences sexuelles. Les cellules sont surpeuplées, les détenus n’ont pas assez de nourriture et d’eau, il n’y a pas assez d’installations sanitaires et il est presque impossible de recevoir des soins médicaux. Par conséquent, les maladies se propagent facilement et des milliers de détenus ont trouvé la mort depuis le début de la crise en 2011.
Pour en savoir plus, consultez le rapport publié en novembre 2015 par Amnesty International Between prison and the grave’ : Enforced disappearances in Syria (https://www.amnesty.org/en/documents/mde24/2579/2015/en/).
La campagne de l’organisation pour l’accès des observateurs internationaux indépendants à toutes les personnes privées de leur liberté est accessible à https://www.amnesty.org/fr/latest/campaigns/2015/11/mass-abductions-in-syria/.

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