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Monsieur le Président,
Je vous écris afin de vous faire part de ma vive inquiétude au sujet de la détention de Bahruz Samadov, chercheur et militant en faveur de la paix, et de ses conditions de détention à la prison pénitentiaire d’Umbaki.
Le 23 juin 2025, Bahruz Samadov a été condamné à 15 ans de prison sur la base de charges de « haute trahison » fabriquées de toutes pièces. Selon ses amis et sa famille, sa santé physique et mentale s’est détériorée au cours de l’année qu’il vient de passer en détention. Il a tenté de se suicider à deux reprises en prison.
En février 2026, Bahruz Samadov a été transféré à l’établissement pénitentiaire d’Umbaki, une prison de haute sécurité réputée pour ses conditions très dures. Il a entamé une grève de la faim après avoir perdu son recours contre ce transfert, qui l’éloigne à 70 kilomètres de son seul parent encore en vie, sa grand-mère âgée de 83 ans, Zibeyda Osmanova. Bahruz Samadov peut passer deux appels téléphoniques par semaine. Dans la prison d’Umbaki, il n’est pas du tout autorisé à se rendre dans la cour. Il ne peut se rendre que sur un balcon d’un mètre, pendant deux heures par jour maximum. En outre, on lui a retiré l’accès à la télévision et à la radio.
Le 27 février, une équipe médicale du ministère de la Justice lui a rendu visite, sur demande de son avocat, et lui a prescrit plusieurs médicaments. Il ne les a pas reçus pendant plus d’un mois. La dernière visite d’un médecin remonte à février 2026. Cependant, aucun représentant du Bureau du défenseur des droits n’a rendu visite à Bahruz Samadov depuis son transfert, malgré les appels lancés par ce dernier pour obtenir des médicaments.
Je vous demande de libérer immédiatement et sans condition Bahruz Samadov. Dans l’attente de sa libération, je vous prie de veiller à ce qu’il bénéficie de soins de santé adéquats, qu’il soit détenu dans des conditions conformes aux normes internationales et que des observateurs indépendants ainsi que le défenseur des droits soient autorisés à lui rendre visite en détention.
Enfin, je vous prie de mettre un terme aux représailles qui visent plus largement les détracteurs pacifiques, les journalistes et les militant·e·s.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.
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