Écrire Une journaliste travaillant sur le covid-19 condamnée à quatre ans de prison pour avoir révélé la vérité

Zhang Zhan

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Le 28 décembre 2020, le tribunal populaire du nouveau district de Pudong a condamné la journaliste citoyenne Zhang Zhan à quatre ans de prison. Elle était accusée d’avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public », accusation découlant de ses reportages sur le COVID-19 depuis Wuhan à partir de février 2020.

Zhang Zhan a suspendu sa grève de la faim afin d’éviter d’avoir les pieds entravés et les mains liées par les autorités pénitentiaires. Cependant, les craintes sont vives qu’elle ne subisse d’autres actes de torture et mauvais traitements.

Ancienne avocate, Zhang Zhan est une journaliste citoyenne qui s’exprime activement sur la politique et les questions liées aux droits humains en Chine. En février 2020, elle s’est rendue à Wuhan, qui était alors le centre de l’épidémie de COVID-19 en Chine. Elle a utilisé des plateformes en ligne (notamment WeChat, Twitter et YouTube) pour rendre compte de l’arrestation d’autres journalistes indépendants et du harcèlement à l’égard de familles de victimes.

Le 18 décembre 2020, le tribunal populaire du nouveau district de Pudong a informé l’avocat de la défense de Zhang Zhan de la date de son procès, fixée au 28 décembre. Le jour de son procès, Zhang Zhan a été conduite dans la salle d’audience en fauteuil roulant. Son état de santé suscite des inquiétudes, car elle a été alimentée de force par les autorités après avoir entamé une grève de la faim en juin 2020.

Lors de son procès, elle a été accusée d’avoir utilisé des plateformes de réseaux sociaux pour diffuser de gros volumes de fausses informations. Selon l’avocat de Zhang Zhan, le procureur n’a pas présenté d’exemple précis de fausses informations dans ses publications sur les réseaux sociaux.

Zhang Zhan a entamé une grève de la faim en juin 2020 pour protester contre sa détention et clamer son innocence. Malgré sa volonté de poursuivre cette action de protestation, les autorités du centre de détention auraient commencé à la nourrir contre son gré au moyen d’une sonde, et ses compagnes de cellule auraient également participé à son alimentation forcée. Selon l’avocat de Zhang Zhan, elle est très faible physiquement et souffre de douleurs à l’estomac, de vertiges et de faiblesse quand elle marche. En outre, elle a été forcée de porter des entraves aux pieds et a eu les mains attachées 24 heures sur 24 pendant plus de trois mois, pour la punir d’être en grève de la faim. Afin d’éviter d’avoir les jambes entravées et les mains attachées, elle a recommencé à s’alimenter le 28 décembre 2020.

Les journalistes citoyens ont été la principale, sinon la seule, source d’informations non censurées et de première main sur l’épidémie de COVID-19 en Chine. Ils ne sont guère nombreux car ils ne peuvent pas obtenir d’accréditation officielle pour rendre compte de l’actualité. Les journalistes citoyens en Chine sont constamment harcelés et réprimés parce qu’ils publient des articles et diffusent des informations censurées par le gouvernement.

Selon de nombreuses sources, des journalistes indépendants et des militant·e·s ont été harcelés par les autorités pour avoir partagé des informations relatives au COVID-19 sur les réseaux sociaux. On peut notamment citer Chen Qiushi, avocat et journaliste citoyen connu pour son franc-parler, qui a dit avoir été harcelé par les autorités après avoir mis en ligne des séquences vidéo filmées dans des hôpitaux de Wuhan, ainsi que Fang Bin, habitant de Wuhan, brièvement détenu après avoir diffusé une vidéo montrant, semble-t-il, les corps sans vie de personnes ayant succombé au COVID-19.

Depuis le début de l’épidémie en Chine, de nombreux articles consacrés au COVID-19 ont été censurés, dont des textes publiés par des organes de presse grand public, comme Caijing (财经) et une filiale du Beijing Youth Daily (北京青年报). Des publications sur les réseaux sociaux, des hashtags liés à des sujets sensibles et des appels au respect de la liberté d’expression ont rapidement été supprimés ou censurés.

« Chercher à provoquer des conflits et troubler l’ordre public » (寻衅滋事罪) est une infraction définie de manière floue et générale à l’article 293 du Code pénal chinois et largement utilisée contre les militant·e·s et les défenseur·e·s des droits humains. Elle se limitait initialement aux actes ayant perturbé l’ordre dans des lieux publics mais son champ d’application a été élargi en 2013, de sorte qu’Internet est aussi concerné désormais. Toute personne déclarée coupable de cette infraction encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.

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