Des combattants du Mouvement du 23 mars, soutenu par le Rwanda, ont tué, torturé et fait disparaître des civil·e·s dans le contexte du conflit armé. Amnesty International a recensé des cas de détenus pris en otage et soumis à des conditions inhumaines dans des lieux de détention à Goma et Bukavu. Des personnes ont décrit avoir été détenues dans des cellules surpeuplées et insalubres, et avoir manqué de nourriture, d’eau, d’installations sanitaires et de soins de santé.
La plupart n’ont pas été autorisées à communiquer avec leur famille ni leur avocat. Il est par ailleurs fréquent que le M23 demande aux familles de verser d’importantes rançons pour obtenir la libération de leurs proches. Les montants réclamés vont de moins de 100 dollars des États-Unis à plus de 2 000.
Amnesty International a connaissance de plusieurs lieux de détention du M23 à Goma (capitale de la province du Nord-Kivu) et à Bukavu (la plus grande ville du Sud-Kivu), notamment le bureau de l’ancien service du renseignement à Bukavu. Un homme précédemment détenu sur place a déclaré avoir été fouetté chaque matin par des combattants du M23. D’anciens détenus ont également indiqué que des combattants du M23 ont refusé de laisser leurs familles leur rendre visite et ont déclaré à celles-ci que les détenus ne se trouvaient pas sur place, ce qui est équivalent à une disparition forcée.
Amnesty International a recueilli les propos de 18 anciens détenus qui ont dit avoir été torturés et avoir vu des combattants du M23 torturer d’autres détenus. RDC. Le M23 tue, torture et retient des civils en otage dans des lieux de détention – Nouvelle enquête
Le droit international humanitaire interdit aux parties au conflit, y compris aux groupes armés organisés, tels que le M23, de détenir arbitrairement des civils. Le meurtre, les traitements cruels et la torture, ainsi que les atteintes à la dignité de la personne, en particulier les traitements humiliants et dégradants, à l’encontre des détenus, de même que les disparitions forcées dans le contexte d’un conflit armé, sont également prohibés par le droit international humanitaire et peuvent constituer des crimes de guerre. En outre, le M23 détient des civils afin de les obliger, eux-mêmes ou leur famille, à payer une rançon pour leur libération, ce qui peut être assimilé au crime de guerre que constitue la prise d’otages.