Écrire Une défenseure des droits humains ayant disparu aurait été tuée

Dans un rapport rendu public le 13 septembre 2019, la Commission d’enquête des Nations unies sur le Burundi a indiqué que Marie-Claudette Kwizera, défenseure des droits humains et trésorière de la Ligue Iteka, une organisation renommée de protection des droits fondamentaux au Burundi, a été tuée quelques jours après son enlèvement, le 10 décembre 2015, par des membres du Service national de renseignement (SNR).

La ministre de la Justice doit demander au parquet de diligenter dans les meilleurs délais une enquête approfondie, impartiale et efficace sur l’enlèvement et le meurtre de cette femme.

Marie-Claudette Kwizera a été enlevée le 10 décembre 2015 alors qu’elle sortait d’une clinique ophtalmologique à Bujumbura, au Burundi. Deux jours plus tard, un membre du Service national du renseignement (SNR) a déclaré à sa famille qu’elle se trouvait en détention au bureau du SNR et pourrait être relâchée si ses proches payaient une rançon d’environ 2 000 dollars américains. La rançon a été versée mais la jeune femme n’a pas été libérée.

La famille de Marie-Claudette Kwizera a alors porté plainte auprès des autorités. Arrêté dans un premier temps, l’officier du SNR a ensuite été remis en liberté, selon des collègues de Marie-Claudette.

En janvier 2016, ses proches se sont rendus dans les bureaux du SNR mais il leur a été dit qu’elle ne se trouvait pas sur place.

Avant son enlèvement, Marie-Claudette Kwizera, mère de deux filles, était la trésorière de la Ligue Iteka, l’une des organisations de défense des droits humains les plus anciennes et les plus renommées du Burundi. Le 3 janvier 2017, le ministre de l’Intérieur et de la Formation patriotique a rendu une ordonnance interdisant à la Ligue Iteka d’opérer au Burundi après qu’elle a publié un grand rapport conjoint avec la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme.

Avant cela, la Ligue Iteka et neuf autres organisations de défense des droits humains avaient été suspendues à compter d’octobre 2016, et accusées d’avoir terni l’image du pays et d’avoir semé la haine et la division au sein de la population burundaise.

Lignes directrices de l’UE concernant les défenseurs des droits humains au Burundi
https://www.amnesty.eu/news/burundi-implementation-of-the-eu-guidelines-on-hrds/
Rapport de la Commission d’enquête
https://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/HRCouncil/CoIBurundi/ReportHRC42/A_HRC_42_CRP2_EN.pdf

J'agis

PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-DESSOUS

Madame la Ministre,

Je vous écris afin d’attirer votre attention sur les derniers éléments recueillis en relation avec la disparition forcée et l’homicide de Marie-Claudette Kwizera, une défenseure des droits humains qui officiait comme trésorière à la Ligue Iteka, une organisation renommée de protection des droits fondamentaux au Burundi.

Marie-Claudette Kwizera a été enlevée par des individus soupçonnés d’être des membres du Service national de renseignement (SNR). Elle a été emmenée de force et contrainte à monter à bord d’un véhicule ayant des vitres teintées. Selon de nouvelles informations obtenues par la Commission d’enquête des Nations unies sur le Burundi et rendues publiques le 13 septembre 2019, Marie-Claudette Kwizera a été conduite dans les bureaux du SNR mais sa présence n’y a pas été dûment enregistrée. Au bout de quelques jours, elle a été transférée vers un nouveau site, puis a été victime d’une exécution extrajudiciaire.

J’ai des raisons de penser que cette femme a été prise pour cible en raison de son travail en faveur des droits humains.

Je vous exhorte à demander au procureur général d’ouvrir une enquête sur l’enlèvement et l’homicide présumé de Marie-Claudette Kwizera, et à veiller à ce que les suspects soient traduits en justice dans le cadre de procès équitables.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma haute considération.

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