Écrire Une défenseure des droits humains maintenue en détention psychiatrique forcée

Le 28 novembre, un tribunal a décidé de prolonger la détention en hôpital psychiatrique de Nafossat Ollochkourova, une défeuseure des droits humains et blogueuse ouzbèke. Nafossat Ollochkourova a été arrêtée et rouée de coups par la police le 23 septembre, alors qu’elle couvrait une manifestation pacifique.

Elle a été placée en détention psychiatrique le 26 septembre. Il existe de sérieuses raisons de craindre qu’elle ne soit actuellement soumise à un traitement médical sans son consentement et que sa santé ne se soit détériorée pendant sa détention.

Elle doit être libérée immédiatement.

Nafossat Ollochkourova est une défenseure des droits humains qui sensibilise aux violations de ces droits et a exprimé des vues critiques à l’égard des autorités sur sa page Facebook, sous le pseudonyme de Chabnam Ollochkourova.

Le 22 septembre, elle s’est jointe à une marche pacifique entre Khorezm et Tachkent ; elle a été placée en détention par la police le lendemain pour participation à une manifestation « non autorisée ». Elle couvrait cette marche sur Facebook, postant des interviews de participants, de policiers et de représentants des autorités locales qui ont tenté de stopper cette marche. Elle filmait l’intervention de la police lorsqu’elle a été arrêtée et frappée.

Nafossat Ollochkourova a été condamnée à 10 jours de détention administrative, contrairement à l’article 29.2 du Code de responsabilité administrative, qui dispose que les mères d’enfants de moins de trois ans ainsi que les parents ou tuteurs élevant seuls des enfants de moins de 14 ans ne peuvent être placés en détention administrative.

Le 26 septembre, Nafossat Ollochkourova a été hospitalisée contre son gré dans un établissement psychiatrique à Ourguentch, après qu’un policier eut affirmé qu’elle avait « fait une tentative de suicide ». Le 30 septembre, le tribunal administratif d’Ourguentch a approuvé la demande du parquet concernant son transfert dans un hôpital psychiatrique pour une durée de deux mois. Le 28 novembre, le tribunal a decidé de prolonger d’un mois sa détention dans cet établissement, soit jusqu’au 27 décembre, date à laquelle il réexaminera cette détention.

Nafossat Ollochkourova n’a pu consulter que de manière intermittente un avocat de son choix, et sa famille n’a pas pu lui rendre de visite privée. Son frère et sa mère ont été autorisés à la voir brièvement dans la cour, mais toujours en présence de policiers, de membres du personnel médical, ou de représentants du tribunal ou de l’État.

Nafossat Ollochkourova est mère célibataire et ses deux jeunes enfants séjournent actuellement chez ses parents. Sa famille est très inquiète pour son état de santé physique, émotionnel et psychologique.

Par le passé, les autorités ouzbèkes ont déjà soumis des défenseur.es des droits humains et des journalistes à des internements forcés en hôpital psychiatrique. La défenseure des droits humains Elena Ourlaïeva a ainsi été détenue à maintes reprises au cours des 20 dernières années, après des transferts forcés en hôpital psychiatrique visant à l’empêcher de mener ses activités de surveillance.

En janvier 2019, Nafossat Ollochkourova a été arrêtée par la police pendant qu’elle filmait cinq femmes qui manifestaient pacifiquement devant le Sénat, à Tachkent. Ces femmes réclamaient une entrevue avec le président Mirziyoyev. Nafossat Ollochkourova a été inculpée de houliganisme et condamnée à cinq jours de détention administrative.

Le 6 décembre, à l’issue de l’examen du cinquième rapport périodique de l’Ouzbékistan, le Comité des Nations unies contre la torture a noté, dans ses Observations finales, qu’il avait reçu des allégations selon lesquelles des défenseurs des droits humains et des journalistes avaient fait l’objet contre leur gré de placements en hôpital psychiatrique destinés à les empêcher de mener leurs activités, dont Elena Ourlaïeva en mars 2017 et Nafossat Ollochkourova en septembre 2019.

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