Écrire Des défenseur.e.s des droits humains font l’objet d’une campagne de répression brutale

Le 22 avril, Cristina Palabay, de l’Alliance pour la promotion des droits du peuple (Karapatan), une organisation fédérative philippine de défense des droits humains, a reçu un SMS d’une personne non identifiée, envoyé à son numéro personnel et l’avertissant qu’elle-même et plusieurs autres personnes figuraient sur une liste de personnes à abattre cette année.

À la suite des menaces formulées contre Cristina Palabay, la Cour suprême, le 30 mai, a ordonné aux autorités de communiquer à cette femme et à d’autres défenseur.e.s des droits humains les informations les concernant, en vue de protéger leur droit à la vie, à la liberté et à la sécurité.

En rendant des ordonnances d’amparo et d’habeas data, la Cour suprême a ordonné aux autorités d’examiner les allégations de violations et de rendre compte des mesures prises pour enquêter sur l’affaire. De plus, elles doivent révéler toute information collectée ou obtenue illégalement. Les intéressés - dont le président des Philippines, Rodrigo Duterte, ainsi que des responsables des forces armées et des services de renseignement et d’autres représentants des autorités - ont jusqu’au 13 juin pour apporter des réponses ; la Cour d’appel examinera ensuite la requête le 18 juin.

Bernardino Patigas est le deuxième défenseur des droits humains assassiné dont le nom figurait sur une « liste de personnes à abattre » qui aurait été diffusée par des inconnus dans le Negros occidental en 2018. Selon les médias philippins, ce document invitait le grand public à appeler un numéro de téléphone spécifique pour indiquer où se trouvaient ces personnes, mettant ainsi leur vie en grand danger. Benjamin Ramos, un avocat spécialiste des droits humains assassiné en novembre 2018, aurait également figuré sur cette liste.

Des dizaines d’autres militant.e.s des droits humains, notamment des défenseur.e.s de l’environnement, ont également été tués depuis juin 2016, selon divers médias et groupes de défense des droits humains aux Philippines et à l’étranger. Tout cela montre la gravité des menaces qui pèsent sur Cristina Palabay et d’autres militant.e.s.

Selon Karapatan, au moins 50 ouvrières et ouvriers agricoles et défenseur.e.s des droits humains de la province du Negros ont été tués depuis l’entrée en fonction du président Rodrigo Duterte, en juillet 2016. Parmi ces victimes figure Bernardino Patigas, abattu le 22 avril 2019, alors qu’il quittait un évément lié aux élections dans la ville d’Escalante City (Negros occidental), où il était candidat à sa réelection au conseil municipal.

Bernardino Patigas était le fondateur de l’Alliance du Negros occidental pour les défenseurs des droits humains, une organisation membre de la coalition d’organisations de défense des droits humains Karapatan. Selon Karapatan, 48 défenseur.e.s des droits humains appartenant au groupe ont été tués depuis 2016.

Bernardino Patigas est le deuxième défenseur des droits humains assassiné dont le nom figurait sur une « liste de personnes à abattre » qui aurait été diffusée par des inconnus dans le Negros occidental au début de l’année 2018. Le premier était Benjamin Ramos, avocat spécialiste des droits humains, tué en novembre 2018. La Police nationale philippine a ordonné l’ouverture d’une enquête sur l’homicide de Benjamin Ramos, mais n’a pas encore rendu ses conclusions publiques.

Aux Philippines, des organisations de défense des droits humains, notamment Karapatan, ont fait l’objet de campagnes de diffamation, et le gouvernement a affirmé qu’elles servaient de « couverture » au Parti communiste des Philippines. De ce fait, et en raison des menaces grandissantes du gouvernement à leur encontre, ces organisations et leurs membres sont devenues la cible de tentatives d’intimidation, d’actes de harcèlement, d’attaques et d’assassinats commis par des inconnus.

Nombre des organisations que le gouvernement associe à des groupes communistes ont critiqué la « guerre contre la drogue » menée par le gouvernement de Rodrigo Duterte, qui a abouti à l’exécution extrajudiciaire de milliers de personnes soupçonnées de consommer ou de vendre de la drogue, qui appartenaient pour la plupart aux franges les plus pauvres de la population.

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