Écrire Des menaces pèsent sur la tenue du festival pour l’égalité des droits

La police ukrainienne de la ville de Tchernivtsi, dans l’ouest du pays, a conseillé aux organisateurs du Festival pour l’égalité des droits de déplacer l’événement du centre-ville vers un lieu non dévoilé, au motif que des groupes d’extrême-droite ont proféré des menaces et sont déterminés à perturber le festival. La police a ajouté qu’elle n’est pas en mesure de déployer un nombre suffisant d’agents pour assurer la protection de l’événement, alors que selon certaines informations, des membres de différents groupes d’extrême-droite de toute l’Ukraine s’apprêtent à rallier Tchernivtsi au moment du festival.

Le 14 mai, le responsable du Service des activités de prévention de la police de Tchernivtsi, Sviatoslav Kishliar, a déclaré aux organisateurs du Festival pour l’égalité des droits qu’il s’était entretenu avec Igor Loutchak, représentant du Corps National, un groupe d’extrême-droite, qui lui avait assuré : « Le Festival pour l’égalité des droits n’aura pas lieu à Tchernivtsi. Ils vont l’interrompre. »

En outre, la police a conseillé aux organisateurs de déplacer le festival vers un lieu non dévoilé, à l’écart du centre-ville. Elle a ajouté qu’elle n’est pas en mesure de déployer plus de 10 policiers pour assurer la sécurité de l’événement, car la ville accueille au même moment un festival de musique.
Les organisateurs, membres d’Insight, une ONG de défense des droits des LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués), n’ont pas encore annoncé s’ils allaient changer le lieu du festival, qui doit avoir lieu le 19 mai, ou l’annuler complètement. Ils ont décidé de sensibiliser l’opinion publique en dévoilant leurs échanges avec les autorités. Insight a été informée que des membres de différents groupes d’extrême-droite prévoient de se rendre à Tchernivtsi, dans le but de perturber la tenue du festival.

Les autorités ukrainiennes sont tenues au titre du droit international relatif aux droits humains de respecter et de protéger les droits à la liberté d’association, de réunion pacifique et de liberté d’expression pour tous en Ukraine, sans discrimination aucune, y compris pour des questions d’origine ethnique, de handicap, de genre, d’identité de genre et d’orientation sexuelle.

Les menaces visant le Festival pour l’égalité des droits à Tchernivtsi s’inscrivent dans le cadre d’une vague d’actions de plus en plus violentes imputables à des groupes d’extrême-droite en Ukraine, qui s’en prennent aux personnes qu’ils perçoivent comme des ennemis, en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, de leur origine ethnique, de leurs opinions politiques ou autres. Le Festival pour l’égalité des droits entend lutter contre les discriminations fondées sur le genre, l’origine ethnique, le handicap, l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Le 10 mai, un débat sur les droits des LGBTI en Russie, à l’initiative d’Amnesty International Ukraine, a été interrompu par des membres de groupes d’extrême-droite de Kiev. Plus de 20 extrémistes ont fait irruption et ont menacé les participants de violences s’ils ne partaient pas. L’un des propriétaires des lieux a appuyé leur exigence et a enjoint aux organisateurs d’annuler l’événement et de vider les lieux.

Ces derniers mois en Ukraine, on a recensé au moins 30 attaques imputables à des membres de groupes d’extrême-droite visant des défenseurs des droits des femmes, des personnes LGBTI, des militants de gauche et des familles roms. Dans la plupart des cas, les auteurs agissent ouvertement, dans une impunité quasi-totale, et se vantent bien souvent de leurs actes sur les réseaux sociaux.

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