Écrire Des villageois de la région d’Apaa ont été agressés et expulsés de force

Depuis le 3 janvier, des gardes forestiers de l’Autorité de la faune sauvage d’Ouganda (Uganda Wildlife Authority, UWA) procèdent à des expulsions forcées dans des villages de la zone d’Apaa (nord de l’Ouganda). Ils ont incendié des maisons, pillé des biens personnels et agressé des membres de cette communauté. Des centaines de personnes sont désormais sans abri, tandis que d’autres continuent à risquer de faire l’objet d’expulsions forcées.

La zone d’Apaa est le théâtre de conflits territoriaux depuis des décennies. Depuis 1987, les habitants de cette région ont été contraints de fuir pendant la guerre de l’Armée de résistance du Seigneur et de s’installer dans des camps en dehors de leurs villages. En 2002, alors qu’ils se trouvaient encore dans ces camps, la zone d’Apaa a été classée réserve naturelle par le Parlement, qui souhaitait promouvoir le tourisme dans le nord. Aujourd’hui, Apaa est au cœur d’un litige frontalier entre le district d’Adjumani, qui a classé la zone réserve naturelle et forestière, et le district d’Amuru, qui la revendique en tant que terre ancestrale communautaire.

Entre mars et mai 2018, des centaines d’habitants des villages d’Oyanga, Luru, Acholi Ber et Gaji, dans la zone d’Apaa (nord de l’Ouganda), se sont retrouvés sans abri, des membres des Forces de défense populaire de l’Ouganda les ayant expulsés de force. Les soldats ont incendié plus de 250 habitations, détruit des biens et frappé des villageois. Selon les médias, les expulsions forcées ont lieu à la demande de l’Autorité de la faune sauvage d’Ouganda et de l’Office national des forêts qui affirment que les villageois occupent la réserve forestière de Zoka et la réserve de chasse d’East Madi.

Ces expulsions forcées sont contraires à la Constitution ougandaise et aux textes de droit international relatif aux droits humains auxquels l’Ouganda est partie. Elles vont également à l’encontre d’une injonction émise par la Haute Cour de Gulu en février 2012, selon laquelle l’Autorité de la faune sauvage d’Ouganda (UWA) et ses agents ou préposés sont tenus de s’abstenir de « toute nouvelle expulsion, destruction, confiscation ou conversion et/ou interférence avec les droits fonciers, l’occupation et l’usage des terres appartenant aux [communautés locales] dans les zones de Pabbo et d’Apaa dans le district d’Amuru, dans l’attente de l’issue de la principale procédure », intentée par les villages et les députés locaux contre l’UWA et le gouvernement ougandais pour avoir porté atteinte à leurs droits sur ces terres. Les soldats des Forces de défense populaire de l’Ouganda ont pourtant continué à expulser des villageois de force et à occuper la zone. Ils ont par ailleurs empêché ces populations de reconstruire les habitations détruites à l’issue de ces violentes expulsions.

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