Écrire Deux jeunes frères se trouvent dans le quartier des condamnés à mort

Les frères Stanislau et Illia Kostseu, âgés de 19 et 21 ans, ont été condamnés à mort le 10 janvier pour le meurtre de leur voisine.

Lorsque le tribunal régional de Moguilev, dans l’est du Bélarus, a lu le jugement, les personnes qui se trouvaient dans la galerie réservée au public ont applaudi cette décision.

La Cour suprême examinera leur dossier sous peu et, si elle confirme la sentence, les deux frères pourraient être exécutés à tout moment. La peine de mort est le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit et leur condamnation à mort doit être commuée.

La condamnation à mort de ces deux frères a choqué de nombreuses personnes au Bélarus et au sein de la communauté internationale. Ces dernières années, le Bélarus s’est dit à plusieurs reprises déterminé à mettre fin aux exécutions à son propre rythme, a fait part de sa volonté d’ouvrir le dialogue sur le sujet et a continué de courtiser la communauté internationale sur cette question. Malgré cela, il persiste à condamner à mort et exécuter des prisonniers : en 2019, trois condamnations à mort ont été prononcées et au moins trois hommes ont été exécutés. Actuellement, cinq hommes se trouvent dans le quartier des condamnés à mort.

Dans cette affaire, les deux frères ont assassiné leur voisine après qu’elle a fait un signalement aux services sociaux et accusé leur sœur de ne pas s’occuper correctement de ses enfants. Du fait de cette plainte, les enfants risquaient d’être placés. Lorsqu’ils l’ont découvert, les deux frères se sont saoulés, ont décidé de se venger de leur voisine et l’ont tuée. Ils n’avaient que 18 et 20 ans au moment des faits. Amnesty International n’excuse absolument pas leurs actes, mais recommande que leur condamnation à mort soit commuée en peine d’emprisonnement. Les autorités doivent prendre en compte les conditions entourant cette affaire et adopter une approche tournée, non pas vers la vengeance et la punition, mais vers la réinsertion.

Au Bélarus, les exécutions ont lieu dans le plus grand secret, sans que les prisonniers condamnés, leur famille ou leurs avocats n’en soient avertis suffisamment à l’avance. Les autorités refusent de remettre les dépouilles des personnes exécutées à leurs proches ou même de leur dire où elles ont été inhumées. Le Bélarus continue de procéder à des mises à mort bien que le Comité des droits de l’homme des Nations unies l’ait plusieurs fois appelé à s’en abstenir tant qu’il n’aurait pas examiné chaque affaire avant l’exécution programmée. En novembre 2012, le Comité a conclu que l’application de la peine capitale dans ce pays bafouait les droits fondamentaux des personnes condamnées et de leurs familles.

Amnesty International s’oppose en toutes circonstances et sans aucune exception à la peine de mort, qui constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit, ainsi qu’une violation du droit à la vie tel qu’il est consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle soutient les appels, figurant notamment dans six résolutions adoptées par l’Assemblée générale des Nations unies depuis 2007, en faveur d’un moratoire sur les exécutions en vue de l’abolition de la peine capitale. À ce jour, 142 pays ont aboli la peine capitale en droit ou dans la pratique.

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