Écrire Domoina Ranabosoa libérée provisoirement

Domoina Ranabosoa a été libérée le 7 avril de la prison d’Antanimora, à Madagascar, où elle était détenue dans l’attente de son procès, mais les charges pesant contre elle sont maintenues.

Amnesty International appelle les autorités judiciaires à abandonner immédiatement et sans condition les poursuites engagées à son encontre, car la loi à l’origine de cette inculpation est discriminatoire envers les personnes LGBTI.

Le 10 mars, Domoina Ranabosoa, 33 ans, a été placée en détention provisoire à la prison d’Antanimora, à Antananarivo, la capitale malgache. Comme Amnesty International l’a indiqué en 2018 dans son rapport intitulé Punis parce qu’ils sont pauvres. Le recours injustifié, excessif et prolongé à la détention préventive à Madagascar, les conditions de détention dans le pays sont inhumaines en raison du recours excessif et prolongé à la détention provisoire, qui est à l’origine d’une forte surpopulation carcérale sur tout le territoire. Le 7 avril, la demande de libération provisoire de Domoina Ranabosoa a été acceptée et elle a enfin pu retrouver sa famille. Cependant, les charges pesant contre elle n’ont pas été abandonnées.

Domoina Ranabosoa est accusée de « détournement de mineur de moins de 21 ans » en raison de sa relation (consentie) avec sa compagne de 19 ans, Fyh. À Madagascar, l’article 331 du Code pénal prévoit jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour « quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe mineur de moins de vingt-et-un ans ». Fyh et Domoina avaient décidé de s’installer ensemble, mais la mère de Fyh le désapprouvait et a porté plainte contre Domoina au titre de cet article.

Du fait de le menace du COVID-19, Domoina avait été informée qu’elle ne pouvait plus recevoir de visites de son avocat ni de ses proches et que son procès, initialement prévu pour le 10 avril, était reporté à une date indéterminée. Les recherches d’Amnesty International l’ont déjà mis en évidence, l’État malgache abuse de la détention provisoire, contraignant ainsi les détenu·e·s à subir l’insalubrité et la surpopulation.

Avec la nouvelle menace que représente le COVID-19, ces personnes vont devoir attendre encore plus longtemps leur procès, tout en risquant de tomber malades.

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