Écrire Il faut libérer la défenseure des droits humains Marfa Rabkova

La défenseure des droits humains Marfa Rabkova a été arrêtée en tant que suspecte sous un faux prétexte dans la soirée du 17 septembre, par des agents de la Direction principale du ministère de l’Intérieur chargée de combattre le crime organisé et la corruption (GUBAZIK).

Également placé en détention, son époux Vadzim Zharomski a été libéré peu après.

En revanche, Marfa Rabkova risque de faire l’objet d’accusations pénales.

Il s’agit d’une prisonnière d’opinion, poursuivie en justice uniquement en raison de ses activités pacifiques de défense des droits humains : elle doit être libérée immédiatement et sans condition.

Marfa Rabkova est membre du Centre de défense des droits humains Viasna, où elle coordonne le service des volontaires de l’organisation. Selon Viasna, tout au long de la campagne présidentielle, pendant et après l’élection du 9 août, ses membres ont été en butte au harcèlement des autorités : détentions arbitraires, arrestations soi-disant administratives et tentatives de poursuites pénales en lien avec leurs activités relatives aux droits humains notamment.

La détention de la défenseure des droits humains Marfa Rabkova intervient dans le contexte de la forte dégradation de la situation des droits humains au Bélarus. Au cours de la période électorale et après le scrutin présidentiel du 9 août, des manifestations pacifiques massives ont eu lieu, notamment contre les résultats officiels largement contestés. Les autorités se sont engagées dans une répression croissante contre l’opposition et toutes les voix dissidentes.

Des milliers de personnes ont été arrêtées de manière arbitraire par la police, l’écrasante majorité étant des manifestant·e·s pacifiques ou des personnes qui se trouvaient sur place, et beaucoup ont été appréhendées dans le cadre d’arrestations aux allures d’enlèvements imputables à des hommes masqués en civil.

Selon de très nombreux témoignages directs, des photos et des vidéos largement disponibles, ainsi que des documents médicaux, la plupart voire toutes les personnes détenues ont été soumises à des actes de torture et des mauvais traitements. Le centre de détention d’Akrestsina, dans la capitale Minsk, où Marfa Rabkova a elle aussi été détenue au départ, est devenu synonyme de passages à tabac et d’autres traitements ou sanctions inhumains ou dégradants.

Des dizaines de militant·e·s bien connus de la sphère politique ou de la société civile et leurs associé·e·s ont été arrêtés pour des accusations forgées de toutes pièces et par la suite placés en détention car ils étaient soupçonnés d’infractions pénales – un sort qui doit être épargné à Marfa Rabkova. Les autorités bélarussiennes doivent les libérer immédiatement et faire cesser toutes les violations des droits humains, notamment la dispersion des rassemblements pacifiques, les arrestations massives et les mauvais traitements et la torture infligés de manière généralisée en détention.

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