Écrire On ignore toujours ce qu’il est advenu d’une militante

Le 2 novembre 2019, Saba Mahdawi, une militante et secouriste bénévole irakienne, a été enlevée par des hommes armés et masqués vers 23 h 20, alors qu’elle rentrait chez elle depuis la place Tahrir, à Bagdad. La famille de Saba Mahdawi a saisi les autorités locales, mais aucune avancée n’a été constatée à ce jour. La police irakienne et des membres d’autres organes de sécurité chargés de l’enquête ont indiqué à la famille qu’ils ignoraient toujours ce qu’il était advenu d’elle et qu’ils n’avaient pas d’informations sur l’identité des auteurs de l’enlèvement.

Depuis le début du mois d’octobre 2019, des manifestations de grande ampleur ont eu lieu un peu partout en Irak, alimentées par un taux élevé de chômage et un sentiment de corruption généralisée. Dès le départ, les manifestants réclamant des services de base et la fin de la corruption ont été confrontés à un recours illégal et excessif à la force, notamment à des gaz lacrymogènes, des balles réelles et des tirs de snipers. De plus, les forces de sécurité irakiennes ont frappé, arrêté et fait « disparaître » des militants, des avocats et des journalistes. À ce jour, 220 décès ont été recensés pour le mois d’octobre. Ce chiffre est en deçà de la réalité, car d’autres décès ont été enregistrés au cours de la première semaine de novembre. Amnesty International a recueilli des informations sur des cas d’enlèvement et de « disparition » de militants et de journalistes depuis le début des manifestations.
Dans un de ces cas, des proches d’Ali Jaseb al Hattab, un avocat de 29 ans défendant des manifestants arrêtés, ont indiqué à Amnesty International qu’il avait été emmené par des membres présumés d’une faction des Unités de mobilisation populaire dans la soirée du 8 octobre 2019. L’avant-veille, deux membres armés de ces unités étaient venus à son domicile et l’avaient menacé, l’enjoignant à cesser de s’exprimer au sujet des homicides de manifestants. À ce jour, on ignore ce qu’il est advenu d’Ali Jaseb al Hattab.
Dans un cas similaire, Maytham Mohammed Rahim al Helo, un médecin et militant de 51 ans, a été vu pour la dernière fois alors qu’il quittait le centre de santé où il travaille, à Bagdad, dans la soirée du 7 octobre 2019. Ses proches ont signalé sa « disparition » aux autorités locales, mais celles-ci ont affirmé qu’il n’avait pas été arrêté à leur connaissance, et qu’elles ne savaient pas ce qu’il lui était arrivé. Selon des informations communiquées à Amnesty International, des membres des forces de sécurité ont dit que sa « disparition » avait pour but de « lui faire vraiment peur ». Maytham Mohammed Rahim al Helo a maintenant été libéré.
Aucun groupe n’a revendiqué l’enlèvement de Saba Mahdawi à ce jour. Les autorités locales affirment avoir enquêté mais ne disposer d’aucune information sur son sort ni sur l’identité des auteurs de l’enlèvement.
Amnesty International a également recueilli des informations sur des cas concernant d’autres villes que Bagdad. Les forces de sécurité ont ainsi pourchassé et arrêté des manifestants lors d’actions de protestation dans la ville de Bassora. Les manifestants ont été frappés et détenus pendant plusieurs heures sans être informés des motifs de leur détention ; on les a ensuite forcés, en les menaçant d’emprisonnement, à signer un document dans lequel ils s’engageaient à ne plus prendre part aux manifestations.

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