Écrire Un journaliste a besoin de soins médicaux

Le journaliste Mamane Kaka Touda est détenu à la prison civile de Niamey, la capitale du Niger, depuis le 5 mars, pour avoir publié sur les réseaux sociaux un post concernant un cas présumé de COVID-19 au service des Urgences de l’hôpital de référence de Niamey.

Il est inculpé de « diffusion d’informations tendant à troubler l’ordre public ». Il n’est pas autorisé à recevoir des visites et a besoin de soins médicaux.

Son procès était fixé au 23 mars, mais toutes les audiences publiques ont été suspendues jusqu’au 25 mars.

Mamane Kaka Touda, journaliste, défenseur des droits humains et membre de l’ONG Alternative Espaces Citoyens, est détenu à la prison civile de Niamey, la capitale du Niger.

Il a publié des posts sur les réseaux sociaux alertant au sujet d’un cas suspecté de COVID-19 le 5 mars. Dans un communiqué publié le même jour, l’hôpital a assuré qu’il ’n’y avait aucun cas de coronavirus dans ses services. Un porte-parole du ministère de la Santé a par la suite confirmé le cas suspect mentionné par Mamane Kaka Touda, en expliquant qu’un ressortissant italien avait effectivement été admis à l’hôpital « par précaution », avant de quitter l’établissement, les tests s’étant avérés négatifs.

Le 19 mars, le Niger a signalé son premier cas de COVID-19 dans le pays. Le 20 mars, les autorités ont suspendu toutes les visites aux détenus pendant trois mois. Toutes les audiences judiciaires ont été provisoirement suspendues jusqu’au 25 mars. C’est le cas du procès de Mamane Kaka Touda, initialement prévu le 23 mars.

À la suite d’un accident de voiture l’an dernier, Mamane Kaka Touda souffre de douleurs dans une jambe. Ses mouvements étant limités dans sa cellule, son pied le fait terriblement souffrir et l’empêche de dormir.

Les amis, les collègues et les membres de la famille, à l’exception des parents proches (mère, père, frères et sœurs, et époux) sont exclus du droit de visite, au titre de la Loi n° 2017-008 qui définit les principes fondamentaux du régime carcéral au Niger. La loi garantit explicitement ce droit à la famille proche. En conséquence, le ministère public affirme que seules les personnes identifiées comme des parents proches peuvent se voir accorder un permis de communication.

Outre Mamane Kaka Touda, plusieurs personnes ont été interpellées ces dernières semaines. Le 14 mars, le rédacteur en chef et une journaliste de la Télévision Labari ont été convoqués par la police après avoir interviewé Zoulkarneyni Maiga, vétérinaire, au sujet du COVID-19. Ce dernier a aussi été convoqué, avant d’être libéré le soir du 16 mars. Amnesty International a pu obtenir la vidéo de l’interview, dans laquelle Zoulkarneyni Maiga n’a fait que parler de l’origine du virus et expliquer les étapes de son développement, tout en demandant à la population d’appliquer les mesures de prévention.

Au moins 15 personnes, dont six leaders de la société civile, ont été arrêtées entre le 15 et le 17 mars, pour avoir participé le 15 mars à une manifestation non autorisée, qui avait pour but de dénoncer des faits présumés de corruption liés à l’achat d’équipements militaires.

Cette manifestation était organisée dans un contexte où les autorités avaient pris des mesures, afin de prévenir la propagation du COVID-19, et interdit les regroupements, notamment à caractère politique, sportif et culturel, susceptibles de rassembler au moins 1 000 personnes. Au moins trois personnes sont mortes lors de la dispersion de ce rassemblement à coups de gaz lacrymogènes.

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