Écrire Un journaliste risque d’être arrêté

Samuel Ogundipe, journaliste au Premium Times, un journal d’investigation nigérian, vit actuellement dans la clandestinité. Il est harcelé par des agents de la Direction de la sûreté de l’État (DSS) du Nigeria pour avoir dévoilé une note révélant une lutte de pouvoir présumée dans l’entourage direct du président.

Le 1er mars, des personnes non identifiées ont rôdé de façon suspecte autour de son domicile.

Depuis son arrestation en août 2018 et la pression exercée par Amnesty International sur les autorités policières (au moyen d’une Action urgente appelant à la libération de cet homme), Samuel Ogundipe continue de voir son procès ajourné à maintes reprises car le ministère public ne se présente pas aux audiences.

Au Nigeria, l’espace laissé à la société civile continue à se réduire, les autorités nigérianes réprimant de plus en plus les droits à la liberté d’expression et à la liberté de la presse. Bien souvent, les opinions dissidentes exprimées par des professionnel·le·s des médias sont érigées en infraction, surtout lorsqu’elles portent sur des questions sensibles. De plus, la répression du droit à la liberté d’expression se produit dans des circonstances où les journalistes subissent des pressions visant à leur faire divulguer leurs sources d’information, en particulier lorsqu’ils publient des articles sur la sécurité nationale, la corruption, les élections et le conflit armé.

Comme les autorités nigérianes n’enquêtent pas sur les affaires d’arrestation, de détention et de poursuites dont font l’objet, sans aucune discrimination, des journalistes et des professionnel·le·s des médias, les auteurs présumés de ces violations des droits humains ne sont pas amenés à rendre de comptes.

En 2019, Amnesty International a recueilli des informations sur des cas de journalistes victimes d’arrestation et de détention arbitraires, dont Samuel Ogundipe. Certains de ces journalistes ont indiqué à l’organisation qu’ils avaient été torturés et poussés à rédiger des aveux, qui ont été utilisés contre eux au tribunal.

Nombre d’entre eux ont fait l’objet de fausses accusations, notamment de « diffamation », de « terrorisme » et de « harcèlement en ligne », mais d’autres ont été inculpés d’« enlèvement », de violation de propriété et de vol de documents officiels. Pire encore, beaucoup de ces journalistes ont été poursuivis en vertu de la Loi relative à la cybercriminalité et de la Loi de 2013 portant modification de la Loi relative à la prévention du terrorisme. La Loi de 2013 prévoit la peine de mort pour les personnes reconnues coupables, ce qui fait du journalisme un métier dangereux.

Lorsque des journalistes et des professionnel·le·s des médias ont tenté d’obtenir réparation auprès de la justice, les autorités n’ont pas appliqué les jugements rendus, tout en empêchant l’accès à la justice et l’exercice du droit à un recours effectif.

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