Écrire Une journaliste risque la prison en raison d’une chronique à la radio

La journaliste Svetlana Prokopieva est poursuivie pour « justification du terrorisme », une infraction passible de sept années d’emprisonnement, à la suite des propos qu’elle a tenus à l’antenne d’une radio de Pskov, dans le nord-ouest de la Russie, le 8 novembre 2018.

Dans sa chronique, elle critiquait les autorités et donnait son avis sur les raisons de la radicalisation des jeunes. Les poursuites engagées contre Svetlana Prokopieva découlent uniquement de l’exercice de son droit à la liberté d’expression et doivent être abandonnées.

Svetlana Prokopieva travaille pour Radio Liberty et coopère également avec d’autres médias, dont l’antenne de Pskov de la radio Écho de Moscou. Le 8 novembre 2018, elle est intervenue sur cette radio au sujet de l’attentat-suicide perpétré une semaine plus tôt par Mikhaïl Zhlobitski, à Arkhanguelsk. Cet adolescent de 17 ans avait déclenché un engin explosif au siège régional du Service fédéral de sécurité (FSB), se tuant lors de cet attentat et blessant trois agents.

Dans sa chronique, Svetlana Prokopieva expliquait que l’acte commis par Mikhaïl Zhlobitski était une réaction à l’interdiction par les autorités de toute contestation pacifique, ce qui limitait le pluralisme politique et détruisait l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le texte de sa chronique a également été publié sur un site d’information local, Pskov News Feed.

Le 5 février 2019, les autorités ont ouvert une enquête avant, le lendemain, de fouiller son domicile. Elles ont saisi tous ses appareils numérique, y compris ses ordinateurs et ses téléphones portables. Quelques mois plus tard, son compte bancaire a été gelé. Plus d’un an s’est écoulé depuis les faits ; Svetlana Prokopieva ne peut pas ouvrir de compte bancaire à son nom ni quitter la ville où elle réside. En vertu de l’article 205.2 (§ 2) du Code pénal, elle encourt jusqu’à sept années d’emprisonnement ou une lourde amende si elle est reconnue coupable.

En décembre 2019, le parquet de Pskov a refusé d’approuver la mise en accusation de Svetlana Prokopieva et renvoyé l’affaire devant le Comité d’enquête pour examen. Cependant, le 16 mars, il a finalement donné son feu vert et renvoyé l’affaire en jugement. Le procès devrait s’ouvrir bientôt.
Les autorités russes restreignent depuis longtemps la liberté d’expression, y compris dans les médias (presse écrite, radio et sites en ligne), par le biais notamment de procédures pénales ou administratives ouvertes pour « propagande LGBT », « apologie du séparatisme » ou « outrage aux sentiments religieux ». Les journalistes indépendants sont également poursuivis en justice sur la base d’autres accusations mensongères, financement du terrorisme ou trafic de stupéfiants par exemple.

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