Écrire Jugée en raison de ses tweets, ses frères et sa sœur disparus

La condamnation de Moza Abdouli devrait être prononcée le 30 mai par la Cour suprême fédérale des Émirats arabes unis. Elle est poursuivie pour avoir insulté les Émirats arabes unis, ses dirigeants et ses institutions, en raison de tweets qu’elle a publiés en mars 2013. Ses deux frères et sa sœur n’ont à ce jour pas comparu devant le tribunal et sont toujours détenus dans un lieu tenu secret.
Moza Abdouli, 18 ans, doit comparaître devant la chambre de la sûreté de l’État de la Cour suprême fédérale qui rendra sa décision sur son affaire aux Émirats arabes unis le 30 mai. Les accusations dont elle fait l’objet sont liées à des publications sur son compte Twitter après la mort de son père le 3 mars 2013 en Syrie. Dans ses tweets, Moza Abdouli, qui avait alors 15 ans, pleurait la mort de son père. Son dernier tweet a été publié le 7 mars 2013. Pendant son procès, elle a indiqué qu’aucune de ses publications n’avait pour but de discréditer qui que ce soit, ni le gouvernement ou ses institutions.
Moza Abdouli a comparu devant un tribunal pour la première fois au début du mois d’avril 2016, lorsqu’elle a été officiellement inculpée. Deux autres audiences ont eu lieu les 2 et 16 mai. Elle n’aurait pas dû être jugée devant un tribunal pour adultes, car les faits qui lui sont reprochés ont eu lieu lorsqu’elle avait moins de 18 ans. Elle était détenue dans un lieu tenu secret depuis son arrestation le 19 novembre 2015, jusqu’à sa première audience devant le tribunal. Elle avait été appréhendée à son domicile dans le village d’al Tayba, dans l’émirat de Fujairah, dans le nord-est du pays, avec sa sœur Amina Abdouli et son frère Mosab Abdouli, par des agents de la sûreté de l’État en civil qui n’ont pas présenté de mandat et ont fouillé la maison avant de les arrêter.
Le 29 novembre, Amina et Moza Abdouli ont été autorisées à téléphoner à leur famille, mais pas à révéler où elles étaient détenues. Le même jour, un autre de leurs frères, Waleed Abdouli, a été arrêté par des agents de la sûreté de l’État. Deux jours auparavant, il avait prononcé un discours pendant la prière du vendredi dans lequel il critiquait la détention de son frère et ses sœurs. À ce jour, Amina, Mosab et Waleed Abdouli n’ont pas comparu devant un tribunal et ils sont toujours détenus dans un lieu tenu secret.

Waleed Abdouli, 34 ans, Amina Abdouli, enseignante de 33 ans, Moza Abdouli, ancienne lycéenne de 18 ans, et leur frère Mosab Abdouli, 25 ans, sont les enfants de Mohammed Ahmed Abdouli. Ce dernier était président du parti de l’Oumma, interdit aux Émirats arabes unis, et était un ancien colonel de l’armée émirienne. Il avait été arrêté en 2005 et détenu pendant environ deux ans sans procès. Il s’est plus tard rendu en Syrie pour travailler comme conseiller militaire du chef des opérations du groupe armé non étatique, Ahrar al Sham. Il a été tué en mars 2013 dans la ville de Raqqa.
Depuis 2011, les autorités des Émirats arabes unis mènent une répression sans précédent contre la liberté d’expression et d’association dans le pays. L’espace accordé à l’expression des voix dissidentes est de plus en plus réduit et de nombreuses personnes – tant des citoyens émiriens que des ressortissants étrangers – critiques du gouvernement, de sa politique et de la situation des droits humains aux Émirats arabes unis sont harcelées, arrêtées, torturées, jugées dans le cadre de procès iniques et emprisonnées. Les autorités ont arrêté, détenu et poursuivi plus de 100 militants et détracteurs du gouvernement, notamment des avocats, des juges et des universitaires de premier plan, sur la base d’accusations très larges et sans nuance liées à la sécurité nationale ou à la cybercriminalité, et ce, dans le cadre de procédures non conformes aux normes internationales en matière d’équité des procès.
Les prisonniers détenus au secret ou dans des lieux tenus secrets sont exposés à de graves risques de torture et d’autres mauvais traitements. Une telle privation de liberté par les autorités qui ne révèlent pas le lieu de détention d’une personne, la soustrayant ainsi à la protection de la loi, représente une disparition forcée, interdite au titre du droit international.
Noms : Moza Abdouli (f), Amina Abdouli (f), Mosab Abdouli (h), Waleed Abdouli (h)
Hommes et femmes

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