Écrire Un leader politique emprisonné en raison d’un discours

Le 24 mars 2020, Karim Tabbou, leader du parti politique de l’opposition algérienne, l’Union Démocratique et Sociale (UDS), a été condamné à un an de prison et à une amende de 50 000 dinars algériens (environ 365 euros) pour des accusations forgées de toutes pièces relatives à l’« incitation à la violence » et à l’« atteinte à la sécurité nationale », en lien avec un discours vidéo publié sur la page Facebook de son parti, dans lequel il critiquait sans violence le rôle de l’armée dans la politique.

Karim Tabbou est maintenu en détention à l’isolement prolongé depuis son arrestation en septembre 2019.

Le 11 mars 2020, le tribunal du Ruisseau à Alger a rendu son jugement en première instance et condamné Karim Tabbou à 12 mois de prison, dont six avec sursis. Il devait être libéré le 26 mars, ayant déjà passé six mois derrière les barreaux. Ses avocats et le procureur ont fait appel de cette décision et, le 24 mars, Karim Tabbou a comparu devant le juge du tribunal du Ruisseau, pour son audience en appel, en l’absence de ses avocats. Il s’est évanoui avant que ses avocats n’arrivent. Le juge a décidé de rendre son jugement en son absence et l’a condamné à un an de prison et à une amende de 50 000 dinars algériens (environ 365 euros)

En juillet 2013, les autorités algériennes ont refusé d’accorder un statut juridique au parti de l’opposition de Karim Tabbou. C’est une figure majeure du mouvement Hirak qui a débuté en Algérie il y a un an, en février 2019. Son militantisme et son engagement politique lui ont valu l’hostilité des autorités, qui l’ont arrêté le 12 septembre 2019. Il est accusé d’« atteinte au moral de l’armée » en lien avec un discours public prononcé en Algérie, en mai 2019. Il a ensuite été remis en liberté provisoire le 25 septembre 2019, avant d’être de nouveau arrêté le lendemain, le 26 septembre.

Karim Tabbou n’est pas le seul prisonnier politique en Algérie. Nombreux sont ceux qui subissent le même sort pour avoir exprimé leurs opinions ou participé à des manifestations, comme le journaliste Khaled Drareni et le militant de la société civile Abdelouahab Fersaoui, actuellement placés en détention provisoire pour s’être exprimés.

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