Écrire Libérez trois jeunes prisonniers d’opinion

Le procès de Ian Sidorov, Vladislav Mordassov et Viatcheslav Chachmine est en cours devant le tribunal régional de Rostov-sur-le-Don, dans le sud-ouest de la Russie. Ils sont poursuivis pour avoir tenté d’organiser une manifestation pacifique en novembre 2017 en soutien aux dizaines d’habitants de la ville qui avaient perdu leur logement dans de grands incendies cette année-là.

Lors du procès, Ian Sidorov et Vladislav Mordassov ont réaffirmé qu’ils avaient été torturés dans le but de leur extorquer des « aveux », mais le tribunal n’a pas pris en compte leurs déclarations.

Les trois hommes sont des prisonniers d’opinion qui doivent, à ce titre, être libérés immédiatement et sans condition, et leurs allégations de torture et d’autres mauvais traitements doivent faire l’objet d’enquêtes effectives.

Le 5 novembre 2017, Ian Sidorov, étudiant alors âgé de 18 ans, et Vladislav Mordassov, 21 ans, se sont rendus sur la place située devant le siège administratif de la région de Rostov-sur-le-Don pour y tenir un « piquet » (manifestation d’un petit groupe de personnes) pacifique. Ils avaient plusieurs tracts imprimés, un mégaphone et deux affiches rédigées à la main, roulées, qu’ils avaient réalisées la veille. Il était écrit sur ces affiches : « Rendez leurs terres aux victimes des incendies de Rostov » et « Le gouvernement doit démissionner ».

Avant même de pouvoir commencer, ils ont été arrêtés par la police pour tenue d’un « rassemblement illégal ». Le même jour, la police a arrêté Viatcheslav Chachmine, 18 ans, devant un immeuble situé non loin. Viatcheslav Chachmine soutient qu’il ne connaissait ni Ian Sidorov, ni Vladislav Mordassov à l’époque et qu’il n’a pas participé à leur piquet.

Le 6 novembre 2017, Ian Sidorov et Vladislav Mordassov ont été condamnés, dans le cadre de procédures séparées, à sept jours de « détention administrative » chacun, en vertu de l’article 20.2.2 du Code des infractions administratives (« Organisation ou tenue d’un événement public sans notification en bonne et due forme des autorités »). Viatcheslav Chachmine a été condamné à cinq jours de « détention administrative » sur la base de charges fallacieuses de « houliganisme simple », en vertu de l’article 20.1 du Code des infractions administratives. Durant leur garde à vue, Ian Sidorov et Vladislav Mordassov auraient été soumis à des actes de torture et des mauvais traitements en vue de leur faire « avouer » qu’ils avaient l’intention d’organiser une manifestation violente.

Le 17 novembre 2017, tous deux ont été inculpés des infractions pénales suivantes : « tentative d’organisation de troubles de masse » (article 30.3 et article 212.1 du Code pénal russe) et « tentative de participation à des troubles de masse » (article 30.3 et article 212.2 du Code pénal russe). Viatcheslav Chachmine a été inculpé de « tentative de participation à des troubles de masse ». S’ils sont déclarés coupables, Ian Sidorov et Vladislav Mordassov encourent une peine de 15 ans de réclusion, et Viatcheslav Chachmine risque jusqu’à huit ans d’emprisonnement.

Ian Sidorov et Vladislav Mordassov sont maintenus en détention depuis leur arrestation le 5 novembre 2017. Viatcheslav Chachmine est assigné à résidence depuis qu’il a purgé sa peine de « détention administrative ». Le procès des trois jeunes hommes s’est ouvert devant le tribunal régional de Rostov-sur-le-Don le 29 mai 2019. L’accusation a déjà présenté ses éléments à charge. Au moins un tiers des témoins de l’accusation ont refusé de confirmer leurs précédents témoignages faits au cours de l’instruction et ont déclaré qu’ils avaient été soumis à des pressions de la part des enquêteurs.

Dans une série d’incendies qui se sont propagés dans Rostov-sur-le-Don en juillet et août 2017, plus de 160 logements ont été détruits, une personne est morte et des dizaines ont été blessées. Près de 700 personnes ont été reconnues officiellement en tant que victimes.

Si des indemnisations ont été versées pour la perte de leurs biens, les citoyens n’ont pas été autorisés à construire de nouveaux logements sur les mêmes terrains et n’ont pas reçu d’indemnités pour la perte de leurs terres, ce qui a suscité des rumeurs selon lesquelles les incendies avaient probablement été allumés délibérément afin d’expulser les habitants et de faire place nette pour de nouveaux projets de développement.

De nombreuses victimes des incendies ont exprimé leur appui à Ian Sidorov, Vladislav Mordassov et Viatcheslav Chachmine et, en mars 2019, plus de 60 personnes ont signé une lettre ouverte pour témoigner de leur soutien.

Action terminée

Toutes les infos
Toutes les actions

Hong Kong : gazés, agressés et arrêtés pour avoir manifesté

Violences policières lors de manifestations à Hong Kong. Amnesty estime qu’il s’agit de violation du droit international. Signez notre pétition !