Écrire Des membres de l’opposition sont la cible de menaces

Depuis décembre 2019, des membres de l’opposition et des employés de l’Assemblée nationale vénézuélienne ont été arrêtés de manière arbitraire, notamment Ismael Léon, arrêté le 21 janvier 2020 et remis en liberté conditionnelle le 23 janvier. L’oncle du président de l’Assemblée nationale, Juan José Márquez, a été arrêté de manière arbitraire le 11 février. Le chef de cabinet de l’Assemblée nationale Roberto Marrero est maintenu en détention depuis le 21 mars 2019. Le député Juan Requesens est toujours en détention, semble-t-il au secret, depuis le 5 février. Les avocats et la famille de Gilber Caro ont été informés du lieu où il se trouvait, mais il est toujours détenu arbitrairement depuis le 20 décembre 2019.

Au retour du président de l’Assemblée nationale Juan Guaidó au Venezuela le 11 février 2020, son oncle Juan José Márquez a été placé en détention arbitraire et accusé d’avoir introduit clandestinement des explosifs sur un vol commercial reliant Lisbonne, au Portugal, à l’aéroport international Simón Bolívar de Maiquetía, au Venezuela. L’arrestation de Juan José Márquez témoigne de la persistance d’une pratique inquiétante consistant à prendre pour cibles les personnes proches des député·e·s de l’opposition et d’autres membres du personnel.
D’autres législateurs de l’opposition ont eux-mêmes été arrêtés de manière arbitraire, notamment Ismael Léon. Le député Juan Requesens est toujours en détention, semble-t-il au secret depuis le 5 février, et ses avocats assurent qu’il a été torturé et que son affaire judiciaire présente de graves irrégularités. Le lieu où se trouve le député Gilber Caro a été dévoilé à ses avocats et à sa famille, mais il est toujours détenu arbitrairement après avoir été victime d’une disparition forcée pendant un mois. Parmi les personnes détenues de manière arbitraire figure Roberto Marrero, le chef de cabinet de la présidence de l’Assemblée nationale, qui a été arrêté le 21 mars 2019 et est toujours entre les mains du Service bolivarien de renseignement national (SEBIN), à El Helicoide, à Caracas. Le président Nicolás Maduro et son gouvernement soumettent des parlementaires et des membres du personnel de l’Assemblée nationale à des tentatives d’intimidation, des actes de harcèlement, des violences physiques, des arrestations arbitraires et des disparitions forcées en vue de réduire l’opposition au silence.
Ces dernières années, plusieurs dizaines de membres de l’opposition ont dû fuir le pays et demander l’asile après avoir été menacés par le gouvernement de Nicolás Maduro. Au moins deux députés de l’opposition – Freddy Guevara et Roberto Enriquez – ont demandé la protection d’ambassades étrangères au Venezuela, où ils se trouvent depuis presque trois ans.
Ces actions s’inscrivent dans le cadre de la politique de répression qui semble découler des plus hautes sphères du gouvernement de Nicolás Maduro dans le but de restreindre les droits civils et politiques.
Dans le rapport intitulé Hunger for Justice : Crimes against Humanity in Venezuela qui a été publié l’an dernier, Amnesty International concluait que les exécutions extrajudiciaires ciblées, les détentions arbitraires, ainsi que les morts et les blessures résultant du recours excessif à la force exercé par le gouvernement de Nicolás Maduro, dans le contexte d’une politique de répression systématique et généralisée menée depuis au moins 2017, étaient susceptibles de constituer des crimes contre l’humanité.
Depuis 2014, un nombre sans précédent de Vénézuéliennes et Vénézuéliens se sont réfugiés à l’étranger, en quête de sécurité et d’un avenir digne. En décembre 2019, on estimait à 4,8 millions le nombre de personnes qui avaient fui le pays ; selon certaines prévisions, ce chiffre pourrait atteindre 5,5 millions en 2020.

LIEN VERS L’AU PRÉCÉDENTE : https://www.amnesty.org/fr/documents/amr53/1639/2020/fr/

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