Écrire Des membres d’une troupe satirique condamnés à de nouvelles peines de prison

Trois membres de Peacock Generation, un groupe créant des spectacles satiriques au Myanmar, ont été condamnés à six mois de prison supplémentaires pour « diffamation en ligne » après avoir partagé sur Internet des représentations au cours desquelles ils ont critiqué l’armée. Six membres de ce groupe purgent actuellement des peines de deux à trois ans de prison en relation avec leurs activités pourtant pacifiques ; au moins trois d’entre eux sont poursuivis pour d’autres motifs par différents tribunaux. Ces six personnes sont des prisonniers et prisonnières d’opinion, et doivent être libérées immédiatement et sans condition.

Sept membres de Peacock Generation - Kay Khine Tun, Zayar Lwin, Paing Pyo Min, Paing Ye Thu, Zaw Lin Htut, Su Yadanar Myint et Nyein Chan Soe - ont été arrêtés en avril et mai 2019 après avoir interprété une œuvre de thangyat, un art de la scène traditionnel proche du slam. Ils étaient vêtus d’uniformes militaires et critiquaient la tatmadaw, l’armée.
Tout récemment, le 17 février 2020, trois membres de ce groupe - Paing Phyo Min, Kay Khine Tun, et Su Yadanar Myint - ont été déclarés coupables de « diffamation en ligne » par le tribunal de l’arrondissement de Botahtaung, à Yangon, et condamnés à six mois de prison en vertu de l’article 66(d) de La loi de 2013 relative aux télécommunications, pour avoir mis en ligne des photos et vidéos, et diffusé en direct leurs spectacles en ligne au moment de la Fête de l’eau au Myanmar, en avril 2019. Les quatre autres accusés ont été acquittés. L’article 66(d) prévoit une peine de deux ans de prison maximum.
Il s’agit de la quatrième condamnation de ce groupe ces derniers mois :
Le 30 octobre 2019, cinq membres de la troupe - Kay Khine Tun, Zayar Lwin, Paing Pyo Min, Paing Ye Thu et Zaw Lin Htut - avaient été condamnés à 12 mois d’emprisonnement, après avoir été déclarés coupables d’avoir enfreint l’article 505(a) du Code pénal, qui interdit de diffuser des déclarations et des informations dans l’intention d’inciter des officiers ou des soldats de l’armée du Myanmar « à se rebeller, ou à se soustraire ou faillir à leur devoir en quelque autre façon », faits passibles de deux ans d’emprisonnement.
Le 18 novembre 2019, le tribunal de l’arrondissement de Botahtaung a condamné six membres de la troupe à 12 mois d’emprisonnement, également au titre de l’article 505(a). Nyein Chan Soe a quant à lui été mis hors de cause et libéré.
Le 11 décembre 2019, quatre membres du groupe – Paing Phyo Min, Paing Ye Thu, Zayar Lwin et Su Yadanar Myint – ont été condamnés par le tribunal de l’arrondissement de Mayangon à six mois de prison supplémentaires pour « diffamation en ligne » en vertu de l’article 66(d) de la loi de 2013 relative aux télécommunications.
Plusieurs membres de Peacock Generation, parmi lesquels figurent Paing Phyo Min, Paing Ye Thu et Zayar Lwin, font l’objet de poursuites dans d’autres communes que Yangon, où ils se sont produits.
Le thangyat est un art folklorique traditionnel du Myanmar qui mêle poésie, comédie et musique ; des représentations ont habituellement lieu en avril pendant la Fête de l’eau du Nouvel an, ainsi qu’à d’autres occasions festives. Interdites en 1989 par l’armée, les représentations publiques de thangyat n’ont été autorisées à reprendre qu’en 2013.
Amnesty International est préoccupée par les arrestations et incarcérations à répétition dont font l’objet des défenseur·e·s des droits humains et des militant·e·s au Myanmar pour le seul exercice pacifique de leur droit à la liberté d’expression – un droit inscrit dans l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Les autorités du Myanmar doivent garantir le respect et la protection du droit à la liberté d’expression, en particulier parce que des élections doivent se tenir à la fin de l’année dans le pays.
Amnesty International est préoccupée par les arrestations et incarcérations à répétition dont font l’objet des défenseur·e·s des droits humains et des militant·e·s
au Myanmar pour le seul exercice pacifique de leur droit à la liberté d’expression – un droit garanti par l’article 19
de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Les autorités du Myanmar doivent garantir le respect et la
du droit à la liberté d’expression, en particulier parce que des élections sont
annoncées pour la fin de l’année dans le pays.

LIEN VERS L’AU PRÉCÉDENTE : https://www.amnesty.org/fr/documents/asa16/1575/2019/fr/

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