Écrire Nouvelles accusations contre un défenseur des droits humains.

Le 12 septembre, le parquet antiterroriste a interrogé le prisonnier d’opinion Nabeel Rajab sur des commentaires publiés sur des comptes Instagram et Twitter à son nom. Cet homme fait l’objet de nouvelles accusations, notamment d’« incitation à la haine contre le régime ». Sa sécurité suscite également des inquiétudes, car il a été interrogé par l’Agence de sécurité nationale en juin.
Le 12 septembre, le parquet antiterroriste a interrogé le prisonnier d’opinion et défenseur des droits humains Nabeel Rajab sur des commentaires et une image publiés en janvier 2017 sur des comptes de réseaux sociaux à son nom. Une image du roi de Bahreïn, accompagnée d’un verset coranique demandant s’il croyait que « personne n’avait de pouvoir sur lui », a en effet été postée sur un compte Instagram au nom de Nabeel Rajab, et des tweets portant sur la non-coopération avec les institutions nationales, ainsi qu’un appel à manifester contre l’exécution de trois hommes le 15 janvier, ont été publiés sur son compte Twitter. Nabeel Rajab a rejeté les accusations d’« incitation à la haine contre le régime », d’« appel à la désobéissance aux lois » et de « diffusion de fausses informations ». L’affaire n’a pas encore été portée devant le tribunal et risque de l’être à tout moment.
En juin 2017, Nabeel Rajab a été interrogé par l’Agence de sécurité nationale de Bahreïn, dont les prérogatives en matière d’arrestations et d’interrogatoires dans les affaires liées à des « crimes terroristes » ont été rétablies en janvier 2017. Des personnes critiques à l’égard des autorités ayant récemment été torturées par l’Agence de sécurité nationale, les craintes pour la sécurité de Nabeel Rajab sont d’autant plus grandes.
Le procès de Nabeel Rajab pour des tweets et retweets portant sur la guerre au Yémen et sur des allégations d’actes de torture commis à la prison de Jaww suit son cours ; le 11 septembre, la Haute Cour criminelle de la capitale de Bahreïn, Manama, l’a ajourné au 27 septembre. Si Nabeel Rajab est reconnu coupable, il risque jusqu’à 15 ans de réclusion. Le 10 juillet, il a été déclaré coupable d’avoir « diffusé des rumeurs et de fausses informations au sujet de la situation interne du royaume risquant de porter atteinte à son prestige et à son statut », en lien avec des interviews télévisées qu’il a données en 2015 et en 2016, et condamné à deux ans d’emprisonnement.

Nabeel Rajab est le président du Centre des droits humains de Bahreïn et un éminent défenseur des droits humains. Le 13 juin 2016, vers 5 heures du matin, il a été arrêté à son domicile dans le village de Bani Jamra (à l’ouest de Manama, la capitale) par 15 policiers en civil et emmené à la Direction des enquêtes criminelles. Le lendemain, il a été déféré au bureau du procureur général et inculpé de « diffusion de fausses informations et de rumeurs lors d’interviews télévisées dans le but de discréditer l’État ». Le 26 juin 2016, alors qu’il se trouvait en détention, Nabeel Rajab a appris qu’il serait jugé le 12 juillet 2016 pour des tweets et retweets portant sur la guerre au Yémen et sur des allégations d’actes de torture commis à la prison de Jaww, et qu’il devrait répondre de « diffusion de fausses rumeurs en temps de guerre », d’« outrage aux autorités publiques [le ministère de l’Intérieur] » et d’« outrage à un pays étranger ». Il continue à nier toutes les accusations portées contre lui. Le 28 décembre 2016, le tribunal a ordonné sa libération. Cependant, les autorités se sont opposées à sa mise en liberté. Il a immédiatement été arrêté à nouveau et placé en détention dans le cadre de l’enquête portant sur les interviews télévisées qu’il avait données en 2015 et 2016. Son procès pour ces interviews a débuté le 23 janvier 2017 ; le 10 juillet, Nabeel Rajab a été déclaré coupable et condamné à deux ans d’emprisonnement.
Nabeel Rajab a été détenu à l’isolement durant plus de neuf mois. Souffrant de complications à la suite d’une opération pratiquée au début du mois d’avril 2017, il a été admis à l’hôpital du ministère de l’Intérieur, à al Qalaa, où il se trouve toujours. Le maintien à l’isolement pendant de longues périodes et pour une durée indéterminée constitue une violation de l’interdiction de la torture et des autres formes de mauvais traitements. Malgré les rapports du personnel médical de l’hôpital confirmant que Nabeel Rajab n’était pas en état d’assister aux audiences, celles-ci ont été maintenues pour ses deux procès.
Le 4 septembre 2016, une lettre ouverte a été publiée sous le nom de Nabeel Rajab dans la rubrique « The Opinion Pages » du New York Times. Ce texte décrivait la situation à Bahreïn et le procès de Nabeel Rajab, et demandait au gouvernement Obama d’user de son influence pour qu’une solution soit trouvée au conflit au Yémen. Le lendemain, le parquet a interrogé Nabeel Rajab et l’a inculpé de « diffusion de fausses nouvelles et déclarations et de rumeurs malveillantes portant atteinte au prestige de l’État » en raison de cette publication. La date de son procès pour cette affaire n’a pas encore été arrêtée. Le 19 décembre 2016, un article a été publié sous le nom de Nabeel Rajab dans Le Monde. Le surlendemain, Nabeel Rajab a été interrogé à la Direction des enquêtes criminelles et s’est vu reprocher d’avoir « diffusé de fausses nouvelles et déclarations et des rumeurs malveillantes portant atteinte au prestige de Bahreïn et des pays frères du Conseil de coopération du Golfe, et tenté de mettre en danger leurs relations ». Le parquet a été saisi de l’affaire mais on ignore quand Nabeel Rajab sera inculpé.
En mai 2014, Nabeel Rajab a fini de purger une peine de deux ans d’emprisonnement à la prison de Jaww pour avoir participé à un « rassemblement illégal », « troublé l’ordre public » et « appelé et pris part à des manifestations » à Manama « sans notification préalable aux autorités » entre janvier et mars 2012. Une interdiction de voyager a été prononcée à son encontre en novembre de la même année. Il a également purgé, entre avril et juillet 2015, une partie de la peine de six mois d’emprisonnement à laquelle il avait été condamné pour « outrage public aux institutions officielles », en raison de deux tweets qu’il avait publiés le 28 septembre 2014 et qui avaient été considérés comme offensants pour les ministères de la Défense et de l’Intérieur. Il a été libéré le 13 juillet 2015 après avoir bénéficié d’une grâce royale pour raisons médicales. L’interdiction de voyager sous le coup de laquelle il se trouvait depuis novembre 2014 a été levée en août 2015, mais ses avocats ont appris qu’une autre interdiction de voyager, toujours en vigueur, avait été prononcée à son encontre le 13 juillet 2015.
Depuis mai 2016, les autorités de Bahreïn intensifient la répression de l’exercice des droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique, d’association et de circulation, et visent en particulier des membres de l’opposition politique et des personnes qui critiquent l’action gouvernementale. Pour plus d’informations, voir le rapport (en anglais) intitulé ‘No one can protect you’, Bahrain’s year of crushing dissent, https://www.amnesty.org/fr/documents/mde11/6790/2017/fr/.La Commission d’enquête indépendante de Bahreïn, établie par un décret royal en date du 29 juin 2011, a été chargée d’enquêter sur les violations des droits humains liées aux manifestations de 2011 et de les signaler. Lors de la publication du rapport de cette Commission, en novembre 2011, le gouvernement bahreïnite s’est engagé publiquement à mettre en œuvre les recommandations qui y étaient formulées.
Nom : Nabeel Rajab
Homme

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