Écrire Un professeur encourt la prison pour des accusations forgées de toutes pièces

La demande de libération sous caution du professeur Muhammad Ismail, prisonnier d’opinion inculpé de « discours de haine » et de « cyberterrorisme », a été rejetée le 4 novembre. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à sept ans d’emprisonnement. Fervent détracteur des forces armées pakistanaises et critiquant la manière dont elles ont traité sa fille, la défenseure des droits humains Gulalai Ismail, il est inculpé d’accusations forgées de toutes pièces au titre des lois antiterroristes draconiennes du Pakistan. La famille Ismail subit une surveillance invasive, des menaces et des actes d’intimidation depuis mai 2019 – et leur maison a été perquisitionnée à de multiples reprises. Incarcéré uniquement pour avoir exercé sans violence son droit à la liberté d’expression, Muhammad Ismail doit être libéré immédiatement et sans condition.

Gulalai Ismail, la fille de Muhammad Ismail, est une défenseure des droits humains bien connue, qui s’attache notamment à défendre les droits des femmes. Elle est lauréate du prix Anna Politkovskaïa 2017 et présidente d’Aware Girls. C’est également une sympathisante déclarée du Pashtun Tahaffuz Movement (PTM, Mouvement pour la protection des Pachtounes), mouvement pacifique qui demande la fin des disparitions forcées, des exécutions extrajudiciaires et des autres violations des droits humains commises contre la population pachtoune dans le pays.

Gulalai Ismail a été inculpée de « sédition », « terrorisme » et « diffamation » pour un discours qu’elle a prononcé lors d’une manifestation le 22 mai 2019, après quoi elle a été contrainte d’entrer en clandestinité dès le lendemain. En conséquence, sa maison familiale a été perquisitionnée à de multiples reprises et des hommes en civil, des agents des services de sécurité de l’État, ont saisi les appareils électroniques. La famille Ismail fait l’objet d’une surveillance constante et invasive depuis des mois.

Les menaces et les méthodes d’intimidation se sont intensifiées après que Gulalai Ismail a demandé l’asile politique aux États-Unis. Muhammad Ismail a fait l’objet d’un procès-verbal introductif enregistré à son encontre, ainsi que contre sa femme et sa fille, le 12 juillet 2019, qui les accuse d’avoir accepté des fonds de « pays étrangers », d’avoir aidé des « organisations terroristes » et de travailler pour elles sous couvert de travail social.

Alors qu’il était en liberté sous caution avant d’être arrêté dans le cadre de cette affaire, Muhammad Ismail a formé un recours devant la haute cour de Peshawar demandant l’annulation des charges portées contre lui. Le 24 octobre, alors qu’il devait comparaître dans le cadre de cette requête, il a été enlevé par des inconnus devant le tribunal. Sa famille n’a été informée du lieu où il se trouvait que plus tard cette nuit-là ; des militants locaux de la société civile leur ont appris qu’il était détenu aux mains de la section cybercriminalité de la police judiciaire fédérale, à Peshawar. Son arrestation a été officiellement confirmée le 25 octobre, lorsqu’il a été présenté devant un tribunal spécial de Peshawar et inculpé de discours de haine et de diffusion de « fausses informations » contre les institutions gouvernementales, au titre de la Loi contre la cybercriminalité, pour des statuts qu’il a téléchargés sur ses pages personnelles sur les réseaux sociaux.

Muhammad Ismail souffre de plusieurs problèmes de santé et sa détention risque fort de les aggraver.

Au Pakistan, depuis quelques années, la liberté d’expression, de réunion et d’association est attaquée. Les défenseurs des droits humains et les journalistes sont soumis à des restrictions en ligne comme hors ligne. La répression contre l’espace civique s’est durcie en 2019, au moyen de lois draconiennes qui autorisent les violations des droits humains.

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