Écrire Prolongation de la détention de Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein

Le prisonnier d’opinion Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein sera maintenu en détention pendant encore 45 jours, comme l’a décidé un tribunal du Caire le 8 octobre dernier. Lors de la prochaine audience, le 23 novembre, le juge décidera de libérer cet homme ou de prolonger sa détention.
Le 8 octobre 2015, un tribunal du Caire a décidé de prolonger la détention du prisonnier d’opinion Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein de 45 jours. Ce dernier est détenu sans inculpation depuis 21 mois. Lors de la prochaine audience, le 23 novembre, le juge décidera de le libérer ou de le renvoyer en détention. Aux termes du droit égyptien, la période de détention précédant le procès pour des charges passibles de la réclusion à perpétuité ou de la peine de mort peut durer deux ans.
Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein a été arrêté le 25 janvier 2014 dans un minibus car il portait un t-shirt aux couleurs de l’« Action en faveur d’une nation sans torture » et une écharpe affichant le logo de la « révolution du 25 janvier ». Alors âgé de 18 ans, le jeune homme rentrait d’une manifestation. Il a subi des actes de torture visant à le pousser à « avouer » des infractions qu’il n’avait pas commises. Dans une lettre adressée le 25 septembre dernier à Amnesty International, celui-ci a demandé : « Serai-je jugé au nom d’un but, d’une idée ou d’un rêve que beaucoup d’entre nous partagent depuis la "révolution du 25 janvier" ? »
Le 14 juillet dernier, des gardiens de la prison d’appel du Caire ont battu Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein car il voulait récupérer ses effets personnels. Celui-ci est actuellement détenu à la prison de Tora, au Caire.

La détention de Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein a été prolongée pour la dernière fois le 26 août 2015, deux jours après qu’une irrégularité dans le dossier a été constatée. Le jeune homme ayant été privé de sa liberté pendant une certaine période sans faire l’objet d’une décision de justice, le juge a décidé d’émettre un ordre de détention d’une durée correspondant au temps que l’intéressé avait déjà passé en prison, plus 45 jours.
Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein est un étudiant de 19 ans qui a subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements en prison. Sa famille a raconté que le 14 juillet dernier, celui-ci avait été battu par deux gardiens de la prison d’appel du Caire. Ces derniers l’ont frappé à l’estomac et giflé lorsqu’il a voulu récupérer ses effets personnels après avoir appris son transfert prochain vers un autre établissement carcéral.
Le jeune homme avait déjà été battu une première fois dans cette prison, un an plus tôt. Ses proches ont expliqué avoir déposé des plaintes auprès du bureau du procureur général concernant ces allégations de torture et d’autres mauvais traitements. Le bureau a indiqué avoir ouvert une enquête à ce sujet, mais d’après le frère et l’avocat de l’intéressé, la famille n’a pas encore été informée de l’avancée de la procédure. Le jeune homme a été transféré vers la prison de Tora, au Caire, le 25 juillet.
Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein a été arrêté le 25 janvier 2014, trois ans après les événements de la « révolution du 25 janvier », après avoir participé à une manifestation organisée dans le centre de la capitale égyptienne contre les Frères musulmans et le régime militaire. Il rentrait chez lui en bus lorsque les forces de sécurité ont bloqué le véhicule à un poste de contrôle à El Marg, au nord-est du Caire. L’étudiant a été appréhendé car il portait un t-shirt aux couleurs de l’« Action en faveur d’une nation sans torture » et une écharpe affichant le logo de la « révolution du 25 janvier ».
Sa famille et son avocat ont raconté qu’il avait demandé la raison de son arrestation et qu’il avait alors été passé à tabac par cinq policiers en civil qui l’ont traîné par les pieds jusqu’à un petit poste de police non loin de là. Là, ils ont continué à le frapper une demi-heure durant avant de l’emmener au poste de police d’El Marg, où ils ont continué à le frapper à coups de poing et de matraque pendant environ une heure. Cette pratique est connue sous le nom de « cérémonie d’accueil » dans les postes de police et les prisons.
Selon son avocat, Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein a ensuite rejoint une cinquantaine de détenus dans une cellule du poste de police conçue pour contenir seulement 16 personnes. Ceux-ci l’ont frappé et menacé pendant environ trois heures, encouragés par les policiers, jusqu’à ce qu’il soit conduit auprès d’agents de la sécurité nationale, dans le même poste de police, qui l’ont interrogé. L’un d’eux lui a dit qu’il lui donnerait des « aveux » à réciter tout en étant filmé. Mahmoud Hussein a refusé d’obtempérer, déclarant qu’il n’avouerait pas des infractions qu’il n’avait pas commises. Il a alors été battu et a reçu des décharges électriques pendant environ quatre heures. Il a ensuite indiqué à l’agent qu’il « avouerait » tout ce qu’on lui demandait pour que cessent les tortures. L’agent l’a donc filmé « avouant » des infractions infondées.
Le lendemain, Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein a été conduit au bureau du procureur de la sûreté de l’État au Caire, qui est chargé d’enquêter sur les infractions liées aux questions de sécurité nationale. Il a nié toutes les accusations portées à son encontre et déclaré qu’il avait été torturé et contraint de faire des « aveux ». Cependant, le procureur n’a pas réclamé d’examen médicolégal, ni ordonné l’ouverture d’une enquête sur ses allégations de torture. Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein a passé six jours au commissariat d’El Marg avant d’être emmené à la prison d’Abu Zabaal, où il a été battu à son arrivée. En mai 2014, il a été transféré vers la prison d’appel du Caire. Il se trouve maintenant à la prison de Tora.

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