Écrire Trois militants condamnés à un an d’emprisonnement

Le 20 mai, un tribunal de paix de Kinshasa a condamné trois militants à un an d’emprisonnement et à une amende de 100 000 francs congolais (environ 100 dollars des États-Unis). Ces jeunes gens avaient été arrêtés les 15 et 16 février, juste avant l’opération « ville morte » organisée par l’opposition et la société civile en République démocratique du Congo (RDC).

Bienvenu Matumo et Marcel Héritier Kambale Kapitene, membres de Lutte pour le changement (LUCHA), et Victor Tesongo, un autre militant, ont été condamnés à un an d’emprisonnement et à une amende de 100 000 francs congolais (environ 100 dollars des États-Unis) par le tribunal de paix de Gombe (Kinshasa). La décision a été rendue le 20 mai et les avocats des jeunes gens ont l’intention d’interjeter appel. Les trois hommes concernés étaient inculpés de « diffusion de rumeurs » et d’« incitation à la désobéissance ».

Bienvenu Matumo et Marcel Héritier Kambale Kapitene ont été arrêtés le 16 février, quelques heures avant l’opération « ville morte » organisée par des membres de l’opposition et la société civile pour protester contre le retard accumulé dans l’organisation de l’élection présidentielle et des élections législatives de 2016 en RDC. Victor Tesongo, qui les aidait à préparer des prospectus pour l’opération « ville morte », avait été interpellé la veille. Ces trois jeunes militants ont été détenus au secret plusieurs jours par les services de renseignement avant d’être déférés au parquet du quartier de Gombe, à Kinshasa, le 19 février.

Amnesty International estime que les charges retenues contre eux sont infondées et les considère tous trois comme des prisonniers d’opinion.

Conformément au délai imposé par la Constitution de 2006, une élection présidentielle et des élections législatives doivent se tenir en RDC en novembre 2016. Les tensions entre le gouvernement et l’opposition, ainsi qu’avec la société civile, se sont avivées récemment en raison du retard accumulé dans l’organisation, notamment en ce qui concerne l’élection présidentielle. De nombreuses personnes ont été arrêtées parce qu’elles demandaient que les élections soient organisées dans les temps et que le président Kabila renonce à se représenter à l’issue de son deuxième mandat.

Ce dernier avait été déclaré vainqueur des élections de 2006 et 2011. Or, la Constitution de la RDC n’autorise pas de troisième mandat présidentiel, la limite étant fixée à deux quinquennats consécutifs.

Le parti au pouvoir ayant tenté à plusieurs reprises de modifier la Constitution, la Cour constitutionnelle a finalement décidé le 11 mai 2016 que le président Kabila pouvait demeurer en exercice si le pays n’organisait pas d’élection en novembre 2016. Pour beaucoup, il s’agit d’un moyen de contourner la limite imposée par la Constitution.

LUCHA est l’une des nombreuses organisations de la société civile qui réclament ouvertement le respect de la Constitution. Ce mouvement de jeunes fait campagne par des manifestations pacifiques depuis 2012. Il a été créé à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu. Ses membres et sympathisants organisent des sit-in, des manifestations et d’autres interventions pour réclamer le respect des droits des Congolais.

Compte tenu de ses prises de position au sujet du retard accumulé dans l’organisation des élections et de ses appels au respect de la Constitution, les autorités accusent LUCHA d’être un mouvement criminel dont l’objectif est de troubler l’ordre public. Elles répriment ses activités de façon systématique et violente. Actuellement, au moins 10 membres et sympathisants de LUCHA sont détenus.

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