Écrire Un défenseur des droits humains a besoin de soins médicaux de toute urgence

Le défenseur des droits humains Joaquín Elo Ayeto, qui est en détention à la prison de Black Beach, a besoin de soins médicaux de toute urgence. D’après nos sources, il a eu de violentes crises de diarrhée et beaucoup de fièvre ces dernières semaines. Le 5 août, l’avocat de Joaquín Elo Ayeto a écrit au juge pour demander le transfert immédiat de son client à l’hôpital. Il n’a reçu aucune réponse à ce jour. Joaquín Elo Ayeto est détenu depuis le 25 février et n’a pas pu contacter sa famille et ses avocats depuis plusieurs semaines.

Joaquín Elo Ayeto est membre de Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), un parti politique d’opposition, et de l’organe de coordination de Somos+, une plateforme de la société civile composée d’une quinzaine de jeunes hommes et femmes qui dénoncent les injustices visant des jeunes. La plateforme a été créée en 2015 afin de permettre aux jeunes de réagir aux arrestations arbitraires de certains de leurs pairs pendant la Coupe d’Afrique des nations.

Joaquín Elo Ayeto a été arrêté et détenu à plusieurs reprises ; il a notamment été incarcéré une fois à la prison de Black Beach. Le 29 novembre 2016, deux militaires l’ont battu violemment après qu’il a diffusé en ligne un article sur le refus de l’un d’eux de s’acquitter d’un péage. Joaquín Elo Ayeto est allé directement porter plainte contre eux au tribunal.

Un juge lui a dit que ses articles donnaient une mauvaise image du pays. Joaquín Elo Ayeto a été envoyé à la prison de Black Beach, à Malabo, où il a passé plus d’un mois. Il a été détenu à l’isolement pendant les cinq premiers jours, puis il a pu avoir des contacts avec des membres de sa famille et des ami·e·s. À la rentrée judiciaire en janvier 2017, le magistrat a décidé de le libérer. Joaquín Elo Ayeto n’a jamais su pourquoi il avait été incarcéré. Le 27 juin 2017, il a été de nouveau arrêté. Il avait pris part, avec d’autres membres de Somos+, à un rassemblement pour que justice soit rendue à Jose Vidal Ndoing Micha, un jeune chauffeur de taxi qui aurait été tué par l’armée. Deux heures plus tard, la police s’est présentée au domicile de Joaquín Elo Ayeto munie d’un mandat émanant d’une autorité judiciaire et l’a emmené au ministère de la Sécurité nationale, où il a été interrogé puis placé en cellule. Il a été libéré une semaine plus tard.

Joaquín Elo Ayeto a été arrêté pour la troisième fois le 25 février 2019 à 6 heures du matin. Il se trouvait à son domicile, à Malabo. Il était dans sa chambre, au premier étage, lorsqu’il a entendu des bruits provenant du rez-de-chaussée, où se trouvaient ses locataires. Il est descendu et a vu sept policiers. L’un d’eux lui a demandé s’il était Joaquín Elo Ayeto et, quand il a confirmé son identité, ils lui ont demandé d’attendre dehors pendant qu’ils montaient dans sa chambre. Ils ont saisi son appareil photo, son ordinateur portable, son téléphone portable, une clé USB et des magazines de son parti politique. Il a été arrêté et emmené au poste de police central de Malabo (surnommé Guantánamo). Il a été déféré à un juge le 1er mars. Face au juge, Joaquín a insisté pour montrer les blessures occasionnées par les actes de torture qu’il avait subis en garde à vue. Le juge a refusé de l’entendre. Il a uniquement déclaré que Joaquín serait soigné en prison. Il a ordonné son placement en détention provisoire à la prison de Black Beach. Le 2 mars, l’avocat de Joaquín n’a pas été autorisé à voir son client en prison. La famille s’est également vu refuser toute visite. Pour en savoir plus sur la situation des défenseur·e·s des droits humains et des militant·e·s en Guinée équatoriale : https://www.amnesty.org/fr/documents/afr24/9793/2019/fr/.

LIEN VERS L’AU https://www.amnesty.org/fr/documents/afr24/9981/2019/fr/

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