Écrire Un défenseur des droits humains libéré, mais un avocat risque d’être emprisonné

Le 19 mai, la Cour suprême angolaise a relaxé le défenseur des droits humains José Marcos Mavungo, qui a été libéré le lendemain. Il se trouve désormais parmi les siens. L’avocat spécialiste des droits humains Arão Bula Tempo, en revanche, encourra entre cinq et 12 ans d’emprisonnement si son procès a lieu.

Le 19 mai, la Cour suprême angolaise a statué sur l’appel de José Marcos Mavungo en relaxant ce défenseur des droits humains. Elle a estimé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour le condamner. José Marcos Mavungo a été libéré le 20 mai au matin et s’est rendu à son domicile, où il a retrouvé sa famille et ses amis. Il a remercié Amnesty International et ses membres de l’avoir soutenu et d’avoir contribué à sa libération.

L’avocat spécialiste des droits humains Arão Bula Tempo, en revanche, attend toujours qu’un juge analyse le dossier et décide s’il convient de le juger ou alors d’abandonner les charges retenues contre lui. Le 22 octobre 2015, il a été officiellement inculpé de tentative de « collaboration avec des étrangers en vue d’entraver le fonctionnement de l’État angolais » (jusqu’à cinq ans d’emprisonnement), ainsi que de rébellion (jusqu’à 12 ans de réclusion). Les charges retenues contre lui sont qualifiées d’infractions portant atteinte à la sûreté de l’État. Il est accusé d’avoir invité des journalistes de la République du Congo à couvrir une manifestation pacifique contre la mauvaise gouvernance dans la province de Cabinda (Angola), qui avait été organisée par José Marcos Mavungo.

Arão Bula Tempo est malade et a besoin de soins médicaux spécialisés. Or, l’une des conditions de sa libération est de ne pas quitter la province sans la permission des autorités compétentes. Il a déclaré qu’il ne se sentait pas en sécurité dans les hôpitaux publics et qu’il avait besoin de toute urgence de recevoir des soins médicaux hors du Cabinda. Le 28 janvier, après avoir analysé un rapport médical sur l’état de santé d’Arão Bula Tempo, un juge l’a autorisé à se faire soigner à Luanda, la capitale, mais pendant 30 jours seulement. Or, cette durée est insuffisante. Cela bafoue son droit de circuler librement et s’apparente à une violation de son droit au meilleur état de santé susceptible d’être atteint.

Arão Bula Tempo et l’un de ses clients, Manuel Biongo, ont été arrêtés le 14 mars 2015. Manuel Biongo, qui a bénéficié d’une libération conditionnelle le même jour qu’Arão Bula Tempo, a aussi été inculpé de « collaboration avec des étrangers en vue de contraindre l’État angolais » le 22 octobre 2015. Il encourt cinq ans d’emprisonnement.

En Angola, les autorités ont pour habitude de réprimer la dissidence, souvent violemment. Dans son rapport Punishing Dissent : Suppression of Freedom of Association and Assembly in Angola (https://www.amnesty.org/fr/documents/afr12/004/2014/en/), Amnesty International a recueilli des informations sur la façon dont celles-ci restreignent illégalement les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique.

Plusieurs détracteurs du gouvernement du président José Eduardo dos Santos ont été victimes de disparitions forcées, d’exécutions extrajudiciaires, de détentions arbitraires, d’actes de torture et d’autres mauvais traitements. Les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique sont clairement inscrites dans la Constitution angolaise et dans plusieurs traités internationaux que l’Angola a ratifiés. Pourtant, ces droits continuent d’être bafoués.

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