Écrire Un dessinateur placé en détention provisoire

Le dessinateur et militant équato-guinéen Ramón Esono Ebalé a été inculpé de fabrication de fausse monnaie et placé en détention provisoire, après avoir été détenu sans inculpation pendant près de trois mois.

Ramón Esono Ebalé, un dessinateur et militant de Guinée équatoriale qui a été arrêté le 16 septembre à Malabo, a été inculpé de fabrication de fausse monnaie par un tribunal de cette ville.

Le 7 décembre, Ramón Esono Ebalé a été présenté devant un juge contre toute attente, alors que l’année judiciaire avait officiellement pris fin le 30 novembre. Aucun de ses avocats n’avait été prévenu de l’audience. Cependant, son père a réussi à contacter l’un d’entre eux, qui par chance était disponible pour l’assister au tribunal. Le juge lui a lu un acte d’inculpation daté du 27 novembre.

Ce document accuse Ramón Esono Ebalé de fabrication de fausse monnaie et ordonne sa détention provisoire assortie d’une caution de 20 millions de francs CFA (35 000 dollars américains). Il est autorisé à recevoir des visites de ses proches et de ses avocats.

Samedi 2 décembre, l’un des avocats avait dénoncé publiquement la situation de son client à la radio et accusé le juge de déni de justice. Selon lui, la nature soudaine de l’audience de mise en accusation pourrait être une réaction à cette interview.

L’inculpation de Ramón Esono Ebalé n’a été rendue publique que sept jours après la fin de l’année judiciaire, ce qui signifie que lui et ses avocats ne peuvent pas former de recours en vue de sa libération avant la reprise de l’année judiciaire, le 15 janvier 2018.

Tous les recours et plaidoiries présentés jusqu’à présent par la défense ont été ignorés par le juge. Les avocats de Ramón Esono Ebalé insistent sur l’importance d’un procès équitable pour leur client. Ils restent convaincus que sa détention et les poursuites engagées contre lui ont un lien avec son travail artistique, au travers duquel il dénonce la situation des droits humains dans son pays.

Ramón Esono Ebalé, dessinateur et militant équato-guinéen âgé de 40 ans, a été arrêté le 16 septembre à Malabo, la capitale du pays. Il sortait d’un restaurant aux alentours de 19 heures, accompagné de deux ressortissants espagnols, quand des agents des services de sécurité de l’État les ont arrêtés. Les trois hommes ont été menottés, se sont fait confisquer leurs téléphones portables et ont été emmenés au Bureau de lutte contre le terrorisme et les activités dangereuses, situé au poste de police central.

Une fois arrivés, ils ont été interrogés par plus d’une dizaine d’agents des services de sécurité. Après avoir répondu à des questions concernant la raison de leur présence dans le pays et leur relation avec Ramón Esono Ebalé, les deux ressortissants espagnols ont été libérés. En revanche, ce dernier est resté au poste de police, où il a été interrogé sur ses dessins critiquant le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang, et son gouvernement. Les agents des services de sécurité ont averti Ramón Esono Ebalé que ses dessins du président ainsi que leur partage sur Internet pouvaient être considérés comme de la diffamation.

Ramón Esono Ebalé, qui vit à l’étranger depuis plusieurs années, était retourné dans son pays le 29 août pour renouveler son passeport. Il était resté sur place en attendant que sa demande de passeport soit traitée.
Le 2 novembre, le réseau de défense des dessinateurs Cartoonists Rights Network International a annoncé que Ramón Esono Ebalé était lauréat de son prix 2017 « du courage dans le dessin de presse ». Ce prix est attribué chaque année à un ou plusieurs dessinateurs qui ont particulièrement fait preuve de courage et d’abnégation dans l’exercice de leur art et de la liberté d’expression.

En Guinée équatoriale, les défenseurs des droits humains et les militants sont souvent harcelés, arrêtés arbitrairement et placés en détention pour leur travail. Toutes ces attaques ont pour but de les intimider et de les réduire au silence.

La Guinée équatoriale est un pays dont le bilan en termes de violations des droits humains est lourd, notamment sur le plan de la liberté d’expression et d’association.

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