Le défenseur LGBTI Rosmit Mantilla doit être libéré

UN DÉFENSEUR DÉTENU SANS PREUVE Rosmit Mantilla est un défenseur des droits des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées) très connu au Venezuela. Il est membre du parti d’opposition Volonté populaire (Voluntad Popular), et est le premier élu de l’Assemblée nationale (le parlement vénézuélien) a être ouvertement homosexuel. Depuis le 2 mai 2014, Rosmit est incarcéré au siège des Services de renseignements nationaux bolivariens. Il est accusé de différents faits de violences qu’il aurait commis lors des manifestations antigouvernementales qui ont eu lieu en 2014. Ces inculpations reposent sur la déclaration d’une personne non identifiée et l’accusation n’a pas apporté de preuves tangibles pour le condamner. Par exemple, les accusations d’incitation à commettre une infraction, d’incendie volontaire contre des bâtiments publics et privés, et de dégâts avec violences sont basées sur le fait qu’il était en possession de tracts exhortant la population à rejoindre les manifestations antigouvernementales. Le 30 janvier 2015, après neuf mois de détention provisoire et de lenteurs de procédure, le juge d’instruction a statué que les preuves étaient suffisantes et que Rosmit Mantilla devait être jugé. Près d’un an après cette décision, le procès, marqué par des retards injustifiés, progresse avec lenteur. FAITES SORTIR ROSMIT MANTILLA DE PRISON Amnesty International considère que Rosmit Mantilla est un prisonnier d’opinion qui n’a pas usé (…)

Rosmit Mantilla a été un porte-parole influent dans la dénonciation du manque de progression dans la reconnaissance des droits LGBTI au Venezuela. Il a appelé ouvertement à modifier la loi afin de permettre l’union civile, de criminaliser les crimes de haines fondés sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre et de permettre le changement légal d’identité. Les discriminations et violences envers les personnes LGBTI sont constantes dans le pays, et les responsables ne sont que rarement poursuivis.

La famille de Rosmit a informé Amnesty International récemment que ce dernier souffrait de dépression et avait perdu beaucoup de poids en détention. À cause du manque d’accès à la lumière du jour (il n’est a priori autorisé à voir la lumière du jour qu’une fois par mois), il a développé des problèmes de peau.

Le bureau du procureur a inculpé Rosmit Mantilla d’incitation à commettre une infraction et d’intimidation, d’obstruction sur la voie publique, d’incendie volontaire contre des bâtiments publics et privés, de dégâts avec violences et d’association de malfaiteurs en vue de commettre un crime, lors des manifestations antigouvernementales qui se sont déroulées entre février et juillet 2014.

Les accusations se fondent sur une déclaration faite par des personnes non identifiées, qui affirment que Rosmit Mantilla avait reçu des fonds en vue de financer les manifestations antigouvernementales, et sur des éléments de preuve découverts par les services de renseignements lors d’une perquisition au domicile de Rosmit Mantilla, tels que des tracts incitant les citoyens à participer aux manifestations et des enveloppes contenant de l’argent.

Amnesty International considère que le bureau du procureur n’a pas présenté de preuves tangibles établissant un lien entre Rosmit Mantilla et les crimes dont il est accusé. Par exemple, les accusations d’incitation à commettre une infraction, d’incendie volontaire contre des bâtiments publics et privés, et de dégâts avec violences sont basées sur le fait qu’il était en possession de tracts exhortant la population à rejoindre les manifestations antigouvernementales.

Le 30 janvier 2015, après neuf mois de détention provisoire et de lenteurs de procédure, le juge d’instruction a statué que les preuves étaient suffisantes et que Rosmit Mantilla devait être jugé. Près d’un an après cette décision, le procès, marqué par des retards injustifiés, progresse avec lenteur.

Le 6 décembre 2015, Rosmit Mantilla a été élu membre de l’Assemblée nationale et il bénéficie de l’immunité parlementaire.

Lors des manifestations organisées entre février et juillet 2014 pour soutenir ou dénoncer l’action gouvernementale au Venezuela, le recours à une force excessive et les affrontements entre forces de l’ordre, manifestants antigouvernementaux et groupes armés soutenant le gouvernement ont fait au moins 43 morts – dont six membres des forces de sécurité – et 878 blessés – dont environ 300 membres des forces de sécurité. Certaines personnes ont été victimes de torture et d’autres mauvais traitements.

Par ailleurs, 3 351 personnes ont été appréhendées. Si la plupart ont été relâchées, plusieurs centaines risquent d’être jugées pour leur implication présumée dans les violences commises lors des manifestations. Après avoir étudié les informations présentées par le ministère public au sujet de plusieurs personnes maintenues derrière les barreaux, Amnesty International a pu confirmer le caractère arbitraire de certaines détentions.

Bien que le système pénitentiaire vénézuélien ait subi des réformes, les conditions carcérales sont toujours très dures. Le manque de soins médicaux, d’eau potable et de nourriture, l’insalubrité, la surpopulation et la violence dans les prisons et les postes de police demeurent un sujet d’inquiétude. Les autorités pénitentiaires ne sont donc pas en mesure de protéger les droits des prisonniers, notamment leurs droits à la santé et à l’intégrité physique. Les détenus ont à plusieurs reprises organisé des mutineries et des mouvements de protestation, y compris des actes d’automutilation, pour réclamer de meilleures conditions de détention. De nombreux détenus meurent ou sont blessés chaque année en raison des violences dans le milieu carcéral. Le grand nombre d’armes circulant dans les prisons demeure préoccupant.

Action terminée

Toutes les infos
Toutes les actions
2024 - Amnesty International Belgique N° BCE 0418 308 144 - Crédits - Charte vie privée
Made by Spade + Nursit