Signer en ligne Gustavo Gatica, victime des répressions au Chili : “J’ai donné mes yeux pour que les gens se réveillent”

Gustavo Gatica

Trois semaines après le début de l’explosion sociale au Chili, Gustavo Gatica, un jeune étudiant en psychologie qui participait aux manifestations, a été rendu aveugle par l’impact de balles tirées par le personnel des Carabiniers. L’utilisation abusive des armes anti-émeutes a été une pratique généralisée qui a causé des lésions oculaires à des centaines de personnes. Les victimes de cette violence généralisée et démesurée doivent être entendues.

Face au pacifisme des manifestants, la violence excessive des forces de sécurité

Le 18 octobre 2019, des protestations massives ont émergé dans tout le Chili, suite à l’annonce d’une hausse du prix des transports publics à Santiago, la capitale. Cette décision a provoqué la colère de nombreux·seuses Chilien·ne·s, confronté·e·s au déclin de l’accès à leurs droits économiques, sociaux et culturels depuis des décennies.

Les protestations, en grande partie pacifique, ont été fortement réprimées. Le 19 octobre, le gouvernement a décrété l’état d’urgence, permettant d’avoir recours à l’armée pour contenir les manifestations. Le chef de l’armée a par la suite décrété un couvre-feu, en vigueur dans plusieurs régions du pays du 19 au 26 octobre. Ces mesures gouvernementales n’ont pour autant pas mis fin aux protestations.

Gustavo Gatica, victime parmi tant d’autres de cette répression démesurée

Le 8 novembre 2019, Gustavo Gatica a participé à une manifestation violemment réprimée par les forces de police. Ces dernières ont en effet ouvert le feu sur les manifestant·e·s, avec des fusils de chasse anti-émeute (chargés avec des chevrotines en caoutchouc), sans discernement, ce qui constitue une violation des normes internationales relatives à l’usage de la force.

Gustavo Gatica a été frappé directement au visage, perdant définitivement l’usage de la vue. Après la fusillade, la police chilienne a ouvert une enquête interne sur les évènements, mais les conclusions rendues ont révélé qu’aucune personne de l’institution ne pouvait être tenue responsable de l’affaire, laissant même entendre que les blessures pourraient être attribuées aux manifestant·e·s eux·elles-mêmes. Or, les deux balles en métal et en caoutchouc qui ont été extraites des yeux de Gustavo correspondent aux munitions utilisées par cette force de police.

Nous exigeons que l’enquête actuelle du parquet garantisse la justice pour Gustavo et crée un précédent en enquêtant et en poursuivant non seulement les personnes responsables de ses blessures, mais aussi, conformément à la loi, le haut commandement dont la tolérance ou l’omission a permis cette attaque.

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