La liberté d’expression des jeunes une nouvelle fois réprimée

Neuf jeunes se trouvent toujours en détention après que la Haute cour de Goma a rejeté leurs demandes de libération sous caution. Parmi eux figurent deux militants de Lutte pour le changement (LUCHA), Juvin Kombi Narcisse et Pascal Byumanine. Ils ont été arrêtés le 28 novembre à Goma lors d’une manifestation pacifique en l’honneur des victimes des tueries perpétrées dans la région de Beni (province du Nord-Kivu).

Juvin Kombi Narcisse, Pascal Byumanine, Innocent Fumbu, Saïdi Heshima Wetemwami, Gervais Semunda Rwamakuba, Nelson Katembo Kalindalo, Jonathan Kambale Muhasa, Osée Kakule Kilala et Jojo Semivumbi ont comparu le 21 janvier devant la Haute cour de Goma. La première audience a été axée sur l’identification des accusés.

Le procureur général a retenu trois chefs d’inculpation à leur encontre : appartenance à une organisation criminelle, incitation à la désobéissance et outrage aux autorités. Ils sont tous maintenus en détention à la prison centrale de Munzenze, à Goma, après le rejet le 25 janvier de leurs demandes de mise en liberté sous caution. La prochaine audience aura lieu le 4 février.

Les neuf jeunes ont été arrêtés le 28 novembre 2015 à Goma lors d’une manifestation pacifique organisée par LUCHA, un mouvement de jeunesse, en l’honneur des victimes des tueries perpétrées dans la région de Beni. Ce rassemblement, dont les autorités congolaises avaient été informées au préalable comme l’exige la loi, a été dispersé par les forces de sécurité au moyen de gaz lacrymogène et de balles réelles.

À l’issue de leur garde à vue, ils ont tous été déférés au parquet général le 30 novembre 2015. Le 2 décembre 2015, ils ont été inculpés d’appartenance à une organisation criminelle, d’incitation à la désobéissance, d’outrage aux autorités, de rébellion, d’agression et de destruction.

Amnesty International considère ces neuf jeunes comme des prisonniers d’opinion, détenus uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.

LUCHA est un mouvement de jeunes créé en 2012 à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu (RDC). Il est connu pour ses actions pacifiques. Il organise des sit-in, des manifestations et d’autres interventions pour réclamer le respect des droits de ses membres et des autres Congolais.

Dans un communiqué de presse signé le 3 décembre 2015, le maire de Goma a interdit toutes les activités de LUCHA, faisant valoir que l’organisation n’était pas inscrite au registre des associations.

Un peu plus tôt en 2015, quatre militants de LUCHA ont été condamnés à une peine de six mois avec sursis pour avoir participé à un rassemblement pacifique en faveur de la libération de Fred Bauma et d’Yves Makwambala, deux membres de leur mouvement qui étaient alors détenus au secret à Kinshasa. Ces deux hommes, qu’Amnesty International considère comme des prisonniers d’opinion, sont toujours détenus à la prison de Makala, à Kinshasa.

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