Des personnes meurent à la frontière entre la Pologne et le Bélarus

Frontiere Belarus Pologne

Ces derniers mois, des souffrances inutiles et des décès tragiques se sont produits aux frontières de l’Europe. Les actions déplorables du régime de Loukachenko et la réaction injustifiée et illégale des États membres de l’UE ont entraîné la mort d’au moins 12 personnes, dont un enfant d’un an. De nombreux hommes, femmes et enfants ont été renvoyés illégalement en Biélorussie, souvent par la violence, et des milliers d’autres ont été contraints de souffrir de la faim et de températures glaciales. Les réfugiés et les migrants doivent immédiatement quitter cette situation inhumaine et la Belgique doit les aider.

Une nouvelle crise de l’accueil

Ce qui a été qualifié de nouvelle " crise migratoire " était une situation gérable qui aurait pu être traitée avec humanité et compassion, dans le cadre des règles d’asile européennes existantes et dans le respect du droit international des droits humains. Au lieu de cela, les pays limitrophes du Bélarus, membres de l’Union européenne (UE), ont réagi par des mesures excessives telles que l’imposition de lois martiales, la restriction de l’accès à la zone frontalière, l’intimidation de la société civile et des observateurs indépendants, et ont traité les réfugiés et les migrants avec brutalité.

Des mesures irrespectueuses des droits humains

La Commission européenne et la Belgique n’ont pas réussi jusqu’à présent à dénoncer sans équivoque ces actes et sont allés jusqu’à proposer une nouvelle série de mesures pour la Lettonie, la Lituanie et la Pologne, qui permettent des dérogations radicales aux règles de l’UE dans le traitement des migrants et des demandeurs d’asile arrivant à leurs frontières. Et ce, alors que la Commission européenne elle-même a reconnu que la situation à la frontière extérieure de l’UE avec le Belarus s’est désamorcée. Les nouvelles mesures soumettront les demandeurs d’asile et les migrants à une détention arbitraire de facto et limiteront d’autres garanties importantes en matière de droits humains.

Amnesty International s’est jointe à plus d’une centaine d’organisations de la société civile et de professionnels des droits humains et de l’humanitaire pour appeler l’UE à rétablir le droit international ainsi que des valeurs humaines aux frontières de l’Europe. Au lieu de cela, les nouvelles mesures proposées par la Commission européenne vont normaliser la déshumanisation des demandeurs d’asile.
Les hauts fonctionnaires de l’UE et les politiciens des États membres qualifient l’instrumentalisation de la migration à des fins politiques de " menace hybride " ou d’" attaque ". Ce vocabulaire est non seulement déshumanisant, mais il dissimule également les souffrances et les dommages causés aux personnes victimes de ces jeux politiques, dont la responsabilité incombe à la fois aux actions cyniques du régime biélorusse et à l’incapacité de l’UE à adopter une réponse centrée sur les droits de l’homme et à ne pas se rendre vulnérable à ces jeux.

Demandez au ministère des Affaires étrangères et au Premier ministre de protéger ces personnes en danger

Lors du prochain Conseil européen qui aura lieu le 16 et 17 décembre, la Belgique et l’Union européenne doivent insister pour que la Pologne et le Bélarus accueillent ces personnes avec humanité et leur offrent l’accès à une procédure d’asile individuelle et équitable. La Belgique doit également s’engager, au sein de l’Union européenne, à assurer une redistribution équitable des réfugiés entre les États membres.

Signez notre pétition pour venir en aide aux personnes migrantes coincées à la frontière !

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