Stop à la répression des étudiants syndicalistes au Myanmar

Début 2015, Phyoe Phyoe Aung, l’une des chefs de file des étudiants birmans, a aidé à organiser une manifestation contre une loi adoptée récemment au Myanmar et qui, selon les étudiants, limite la liberté académique. En mars, alors que les manifestants se rapprochaient de Yangon, la plus grande ville du pays, ils ont été bloqués par des policiers qui les ont frappés à coups de matraque.

Phyoe Phyoe Aung et une centaine d’autres militants étudiants, dont beaucoup étaient blessés, ont été arrêtés et inculpés de diverses infractions pénales contestables. Un grand nombre d’entre eux sont en détention depuis ; certains sont détenus à l’isolement et n’ont que des contacts limités avec leurs avocats. Plusieurs de ces manifestants, dont Phyoe Phyoe Aung, risquent plus de neuf ans d’emprisonnement. Le mari de Phyoe Phyoe Aung, Lin Htet Naing, doit également être jugé et risque jusqu’à six ans de prison.

À travers tout le pays, des jeunes et des chefs de file étudiants continuent d’être harcelés par les autorités, notamment la police, dans le cadre de ce qui semble être une répression systématique des actions étudiantes. Malgré cela, le gouvernement du Myanmar cherchant à obtenir l’approbation de la communauté internationale et à attirer les investissements étrangers, nous avons de bonnes raisons de penser qu’il est possible de faire pression sur lui pour l’inciter à relâcher Phyoe Phyoe Aung et les autres étudiants. Le président Thein Sein est désireux de montrer que son pays est toujours sur la voie d’une réforme politique et du respect des droits humains.
Vous aussi, appelez le Myanmar à libérer Phyoe Phyoe Aung ainsi que les autres manifestants pacifiques placés en détention, tant les étudiants que les personnes qui les soutiennent.

Phyoe Phyoe Aung, son mari Lin Htet Naing, Kyaw Ko Ko et Nandar Sitt Aung, membres de l’ABFSU, ont été les chefs de file de manifestations étudiantes ayant eu lieu depuis la fin de l’année 2014, lorsque la Loi relative à l’éducation nationale a été adoptée le 30 septembre 2014. Ils affirment que ce texte limite les libertés académiques et réclament sa modification. Un défilé étudiant national a été empêché et dispersé par la force par la police du Myanmar le 10 mars à Letpadan, dans la région de Bago. Plus de 100 étudiants ont été arrêtés ce jour-là. Certains ont été libérés sous caution depuis lors, mais plus de cinquante sont toujours détenus à la prison de Tharawaddy, dans la région de Bago. Après avoir passé huit mois dans la clandestinité, Lin Htet Naing et Kyaw Ko Ko doivent maintenant être jugés pour participation à un rassemblement illégal (article 143 du Code pénal), poursuite d’un rassemblement illégal en sachant qu’il a été dispersé (article 145), « émeutes » (article 147) et incitation à commettre des infractions visant l’État ou la tranquillité publique [article 505(b)]. Ils encourent jusqu’à six ans et six mois d’emprisonnement.

Les autorités du Myanmar continuent d’arrêter et d’emprisonner des militants et des défenseurs des droits humains exerçant simplement leurs droits aux libertés d’expression et de réunion pacifique, deux droits garantis par les articles 19 et 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH). Amnesty International est préoccupée par diverses lois du Myanmar qui restreignent les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. En octobre, Amnesty International a publié un rapport qui dévoile que les autorités du Myanmar ont intensifié la répression depuis deux ans, notamment en restreignant la liberté d’expression à l’approche des élections générales prévues le 8 novembre.
Voir : https://www.amnesty.org/fr/documents/asa16/2457/2015/fr/

Amnesty International continue de recevoir des informations faisant état de mauvaises conditions de détention au Myanmar, qui ne sont pas conformes à celles définies dans l’Ensemble de règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus. Les détenus ne bénéficient pas toujours de soins médicaux appropriés, d’eau potable, d’une alimentation nutritive et d’eau pour se laver, ce qui suscite des inquiétudes.

Action terminée

Toutes les infos
Toutes les actions

Exigez un cessez-le-feu de toutes les parties pour faire cesser les souffrances des civils

L’escalade sans pareille des hostilités entre Israël, le Hamas et d’autres groupes armés a eu des conséquences dévastatrices pour les civil·e·s. Le nombre de victimes et l’ampleur des (...)

2024 - Amnesty International Belgique N° BCE 0418 308 144 - Crédits - Charte vie privée
Made by Spade + Nursit