Signer en ligne La Turquie doit cesser de renvoyer illégalement des réfugiés vers la Syrie

UNE OPÉRATION MILITAIRE QUI NE RESPECTE PAS LES DROITS HUMAINS

Au cours des derniers mois la Turquie a renvoyé illégalement des centaines de réfugiés vers un des pays les plus dangereux au monde, la Syrie. Ces renvois illégaux font partie d’un plan plus large du gouvernement turc de démilitariser une zone de 30 kilomètres du côté syrien de la frontière en créant une « zone de sécurité » et d’y envoyer les réfugiés syriens vivant actuellement sur le territoire turc. Durant cette opération militaire appelée « Source de paix », Amnesty International a pu recenser de graves violations de droits humains perpétrées par les forces militaires turques et une coalition de groupes armés syriens soutenus par la Turquie, notamment des exécutions sommaires et des attaques illégales qui ont fait des morts et des blessés parmi la population civile.

DES EXPULSIONS VIOLENTES VERS UNE ZONE DE CONFLIT

Les autorités turques affirment que ces expulsions se font sur base volontaire, mais Amnesty International a recueilli de nombreux témoignages attestant que les réfugiés sont contraints par la force à retourner dans une zone de conflit, mettant ainsi leur vie en danger.

Certains disent qu’on les a battus ou menacés de violence pour les obliger à signer des documents pour un soi-disant « retour volontaire ». D’autres ont dû choisir entre la prison ou le retour vers la Syrie. Toute interaction avec la police ou les services d’immigration turcs risque de conduire à un placement en détention ou à une expulsion. Les réfugiés syriens vivent dans la peur d’un contrôle d’identité dans la rue.

La Turquie a le mérite d’accueillir plus de 3,6 millions de réfugiés venus de Syrie depuis plus de 8 ans, mais elle ne peut pas utiliser cette générosité comme prétexte pour bafouer le droit national et international en expulsant des personnes vers une zone de conflit. Ce sont aujourd’hui des millions de réfugiés venus de Syrie qui risquent de devoir retourner dans un pays ravagé par la guerre.

Les autorités turques doivent cesser de renvoyer des personnes en Syrie contre leur gré et veiller à ce que toute personne qui a fait l’objet d’un renvoi forcé puisse retourner en Turquie en toute sécurité. Signez la pétition adressée au Ministre de l’Intérieur turque pour qu’il mette fin à ces renvois.

Le 9 octobre, la Turquie lançait une offensive militaire contre les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie, appelée « Source de paix ». Cette incursion militaire a causé des ravages parmi les civils syriens. La Turquie et les groupes armés syriens qui lui sont affiliés se sont livrés à des attaques illégales dans des zones d’habitations, notamment contre les maisons, les commerces et au moins une école où s’étaient réfugiés des civils. Une fois de plus, les civils syriens ont été contraints de s’enfuir de chez eux et vivent dans la peur des bombardements effectués sans discernement de zones civiles avec des armes imprécises telles que des mortiers.

Amnesty International a également vérifié des récits de témoins et rapports médicaux afin de mettre en lumière les circonstances d’exécutions sommaires dont notamment l’embuscade tendue contre Hevrin Khalaf, responsable politique kurde, le 12 octobre par les combattants d’Ahrar al Sharqiya, un groupe qui appartient à l’Armée nationale Syrienne, soutenu par la Turquie. Le rapport médical atteste de multiples blessures par balle à la tête, au visage et dans le dos, ainsi que des fractures aux jambes, au visage et au crâne, et un arrachement de la peau du crâne et la perte de cheveux dus au fait qu’elle a été traînée par les cheveux. Tuer de sang-froid des personnes sans défense constitue un crime de guerre flagrant.

Plus de 100.000 personnes ont dû fuir leur habitation entre le 9 et 18 octobre et d’après les organisations locales et internationales d’aide humanitaire il est sérieusement à craindre que ces personnes déplacées ne reçoivent pas suffisamment de nourriture, d’eau potable et de soins médicaux. Dans les camps pour personnes déplacées à l’intérieur du pays, la population dépend entièrement de l’aide humanitaire. Les organisations humanitaires internationales craignent que l’opération « Source de paix » puisse couper l’acheminement de l’aide aux populations déplacées et risque d’entraîner le déplacement de 300.000 personnes créant ainsi une catastrophe humanitaire.

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