Son nouveau procès a commencé
Le 22 janvier 2026 a débuté le procès de l’Alliance de Hong Kong pour le soutien aux mouvements démocratiques patriotiques de Chine (HK Alliance). La vice-présidente Chow Hang tung est accusée d’« incitation à la subversion du pouvoir de l’État », un crime établi par la loi sur la sécurité nationale (NSL) de 2020, qu’Amnesty International et les Nations unies ont déclaré incompatible avec les obligations internationales de Hong Kong en matière de droits humains.
Pendant plus de trois décennies, l’Alliance HK a organisé à Hong Kong la plus grande veillée aux chandelles au monde pour commémorer la répression de Tiananmen en 1989. Cependant, avec la mise en place de la NSL et son application agressive par les autorités, la lutte pour le « droit de se souvenir » a été attaquée. L’Alliance HK a été contrainte de fermer ses portes en 2021 après l’arrestation de plusieurs de ses membres.
Une procédure prolongée depuis 2021
Chow Hang tung a vu sa demande de libération sous caution rejetée à plusieurs reprises et la durée de la procédure a été excessivement prolongée, de sorte que le procès ne commencé que 52 mois après l’arrestation initiale. La durée de la détention provisoire, malgré la légitimité douteuse des accusations portées contre elle au regard des normes internationales en matière de droits humains, reflète la nature punitive des poursuites pour atteinte à la sécurité nationale, où l’incarcération prolongée semble servir de mécanisme de répression.
Malgré ses 4 ans de détention, elle continue son activisme en prison
Elle a contesté des règles discriminatoires imposées aux femmes en prison, comme l’obligation de porter un pantalon long même en été, contrairement aux hommes autorisés à porter des shorts. Sa requête a été rejetée par les autorités pénitentiaires, ainsi que par la Haute Cour de Hong Kong qui a rejeté la contestation le 13 janvier 2026, le juge estimant que la politique vestimentaire du CSD était « adaptée à chaque sexe » afin de répondre aux préoccupations en matière de vie privée et de décence des détenues.
Une petite victoire
Le 6 mars 2025, la plus haute juridiction de Hong Kong a donné raison à trois militant·es de la veillée de Tiananmen, dont Chow Hang tung, annulant leur condamnation pour non-respect d’une demande de données émanant de la police chargée de la sécurité nationale. À l’annonce du verdict, Chow a levé le poing en signe de victoire alors qu’elle était emmenée par des agents pénitentiaires. Des membres du public ont applaudi discrètement et l’ont félicitée.
L’État chinois veut que l’opinion publique oublie, mais Chow Hang tung s’est donné pour mission de faire vivre le souvenir des victimes
En 1989, des centaines, peut-être même des milliers de personnes ont été tuées dans les rues entourant la place Tiananmen, à Pékin, lorsque l’armée a ouvert le feu sur des manifestant·es pacifiques qui réclamaient des réformes économiques et sociales.
En 2020 et 2021, les autorités de Hong Kong ont interdit l’hommage à cet événement tragique, en prétextant des raisons de santé publique dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Le 4 juin 2021, Chow Hang tung a encouragé des personnes, sur les réseaux sociaux, à commémorer les événements en allumant des bougies. Elle a été arrêtée le jour même pour avoir « fait de la publicité en faveur d’un rassemblement non autorisé ».
Elle purge actuellement une peine de 22 mois d’emprisonnement pour avoir rendu un hommage pacifique aux victimes d’une terrible répression. Elle encourt maintenant 10 ans de prison parce qu’elle aurait, par ses actions totalement pacifiques, porté atteinte à la sécurité nationale. Face à l’adversité, son courage transparaît. « Ce serait un mensonge de dire que je n’ai pas peur, mais je n’ai pas peur au point de ne rien faire », explique-t-elle.
Passez à l’action sans attendre pour demander l’abandon des charges ainsi que la libération inconditionnelle ainsi de Chow Hang tung.
