Président Obama : Leonard Peltier doit être gracié

Leonard Peltier, Amérindien anishinabe-lakota, appartenait au Mouvement indien d’Amérique (AIM), groupe militant qui œuvrait pour la défense des droits des Amérindiens « traditionalistes » lors d’une période très conflictuelle des années 1970. Durant les deux années qui avaient précédé l’affrontement au cours duquel les deux agents du FBI ont trouvé la mort, plus de 60 Indiens de la réserve de Pine Ridge avaient été tués, semble-t-il par des groupes paramilitaires liés au gouvernement tribal, soutenu par le gouvernement américain, sans que ces affaires donnent lieu à une seule comparution en justice. Des membres de l’AIM qui s’étaient rendus à la réserve pour soutenir les « traditionalistes » opposés au gouvernement tribal auraient eux aussi été menacés. Les relations entre l’AIM et le FBI étaient tendues, les autorités avaient assiégés Pine Ridge avec un équipement militaire lourd.
Les meurtres des agents ont été initialement imputés à deux autres dirigeants de l’AIM qui ont fait l’objet d’une procédure distincte ; aucun élément permettant de leur attribuer les tirs à bout portant n’a été présenté. Le jury les a acquittés après avoir entendu des témoignages sur le climat de violence et d’intimidation qui régnait dans la réserve. Il a conclu qu’on pouvait considérer qu’ils avaient cherché à se défendre lorsqu’ils avaient été mêlés à la fusillade.
Après l’acquittement de ces hommes, le FBI a redoublé d’efforts pour poursuivre Leonard Peltier, obtenant en 1976 son extradition du Canada où il avait fui à la suite de l’échange de coups de feu. Lors de son procès, l’accusation a soutenu que le fusil qui avait tué les agents appartenait à Leonard Peltier. À l’occasion d’enquêtes menées après le procès, la défense a découvert un télex d’où il ressortait que l’arme en question n’était pas munie du même percuteur que celle qui avait servi à tuer les agents ; cette information a ensuite été évoquée en appel et, lors d’une audience consacrée à l’examen des preuves, les autorités ont contesté la signification de ce message. En appel, le gouvernement a également soutenu que les éléments produits à l’audience étaient suffisants pour prouver que Leonard Peltier était complice des meurtres, même s’il n’avait pas lui-même appuyé sur la détente.
Amnesty International pense néanmoins que l’issue du procès aurait pu être différente si Leonard Peltier avait eu les moyens de contester plus efficacement les éléments balistiques qui le liaient aux coups de feu mortels. La Commission américaine des libérations conditionnelles a examiné, au cours de plusieurs audiences, des demandes de libération conditionnelle de Leonard Peltier. Cependant, elle a toujours refusé cette libération conditionnelle au motif que Peltier n’avait pas reconnu être pénalement responsable du meurtre de deux agents du FBI. Ceci en dépit du fait que, après l’une de ces audiences, la Commission a admis que « l’accusation a reconnu l’absence de toute preuve directe indiquant que vous avez personnellement participé à l’exécution des deux agents du FBI. »
Action terminée