Angola : Il faut libérer le jeune Manuel Chivonde Nito Alves

Manuel Chivonde Nito Alves (mieux connu sous le nom de Nito Alves) est un jeune prisonnier d’opinion de 17 ans. Il a été arrêté pour avoir pacifiquement exercé son droit à la liberté d’expression. Nito Alves a été arrêté par la police aux environs de 10h, le 12 septembre 2013, dans la municipalité de Viana, à Luanda, capitale angolaise. Il a été appréhendé après avoir récupéré des t-shirts qu’il avait fait imprimer avec des slogans contre le président angolais. Les t-shirts étaient supposés être portés lors d’une manifestation organisée par un groupe de jeunes connus sous le nom de « Movimento Revolucionario Angolano » - MRA (mouvement révolutionnaire angolais), le 19 septembre à Luanda. Les slogans imprimés sur les t-shirts étaient « Dehors, misérable dictateur » (Fora, Ditator Nojento) à l’avant et « Quand la guerre est nécessaire et urgente » (Quando a guerra é necessaria e urgente) à l’arrière, en référence au titre d’un livre publié en Angola en 2011, qui appelait les jeunes angolais à participer de manière plus active à la vie publique.

Nito Alves a été arrêté sans mandat et emmené dans une maison vide au milieu d’un champ où il a été interrogé. Plus tard dans la journée, il a été conduit au poste de police de Viana pour être ensuite transféré au Direcçao Provincial da Investigação Criminal – DPIC (direction des enquêtes criminelles) à Luanda, le jour suivant. Il a été tenu au secret pendant environ trois semaines et ce n’est qu’à partir du 6 octobre qu’il a pu parler à son avocat ainsi qu’à sa famille en privé. Par après, il a été transféré à la prison centrale de Luanda (Comarca Central de Luanda) où il est détenu dans une cellule avec neuf adultes, en violation des lois angolaises et internationales relatives aux droits humaines. Il reçoit maintenant des visites de sa famille chaque semaine.
Les conditions de détention à la prison centrale de Luanda sont mauvaises. L’hygiène et les installations sanitaires y sont médiocres et il n’y a pas d’eau potable, elle est fournie par sa famille, de même que la nourriture. Suite à ces conditions, Nito Alves se plaint de vomissements et de diarrhées ainsi que de fortes migraines et de crises de malaria, mais il n’a reçu aucun traitement médical.

Nito Alves n’a pas été formellement inculpé. Initialement, il était accusé de diffamation à l’égard du président sur base des slogans inscrits sur les t-shirts, une accusation qui a ensuite été changée en outrage (ultraje) au président, qui est passible d’un peine allant jusqu’à 3 ans d’emprisonnement, suivant l’article 25 de la loi de 2010 sur les crimes contre l’Etat. C’est la première fois que cet article est utilisé.

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