Signer en ligne Il faut de toute urgence protéger les civils en Irak

Depuis l’avancée des combattants de l’État islamique (l’EI, anciennement État islamique en Irak et au Levant – EIIL) dans les villages et les villes du nord de l’Irak au mois de juin, des centaines de milliers de personnes appartenant à des minorités religieuses, ainsi qu’à d’autres groupes, sont contraintes de quitter leur foyer. Le 2 août, les forces de l’EI se sont emparées de la ville de Sinjar, dans le nord de l’Irak. Des milliers de civils habitant Sinjar et les environs, pour la plupart membres de la communauté des Yézidis, ont fui la zone et cherché refuge dans d’autres régions, notamment au Gouvernement régional du Kurdistan (KRG) et en Syrie, après avoir été bloqués pendant des jours dans les montagnes sans eau ni nourriture.

Deux semaines auparavant, le 18 juillet, on a assisté à l’exode massif des familles chrétiennes de Mossoul, l’EI leur ayant donné un ultimatum : se convertir, payer une taxe, partir ou mourir. De nombreux chiites, ainsi que des sunnites vivant dans le nord, avaient fui leur foyer au cours des semaines précédentes, craignant les attaques de l’EI ou des forces de sécurité irakiennes. La majorité des personnes déplacées depuis juin tentent de gagner la région du Kurdistan irakien ou y sont actuellement hébergées par des amis ou de la famille.

Les gouvernements des États-Unis et d’Europe ont annoncé l’acheminenemnt d’aide humanitaire aux personnes déplacées par le conflit. Parmi les centaines de survivants des monts Sinjar qui se sont entretenus avec Amnesty International mi-juillet, la plupart ont déclaré qu’une aide modeste leur était parfois parvenue lorsqu’ils étaient bloqués dans les montagnes, mais que les bouteilles d’eau larguées éclataient souvent à l’impact et que les parachutages sont arrivés tardivement, car beaucoup avaient déjà quitté les montagnes. Une grande partie des personnes déplacées dans la région du Kurdistan irakien ont raconté avoir été aidées par des proches ou des amis, car elles n’avaient nulle part où aller. À partir de mi-juillet, l’aide humanitaire a commencé à parvenir à certaines personnes dans le besoin, mais des attaques contre la population civile continuent d’être signalées, entraînant le départ de nouveaux civils chaque jour. C’est pourquoi il est essentiel que la communauté internationale, le gouvernement irakien et le Gouvernement régional du Kurdistan apportent une aide internationale et mènent une action concertée pour répondre aux besoins de ces populations.

Parallèlement, les États-Unis ont lancé une action militaire en Irak contre l’EI, notamment des frappes aériennes, et d’autres pays ont annoncé fournir un soutien militaire aux gouvernements irakien et kurde pour leurs opérations contre l’EI.

Tandis que les groupes minoritaires sont contraints de fuir, plus d’un million de musulmans sunnites habitant à Mossoul et dans des zones contrôlées par l’EI ne peuvent pas partir en raison des combats qui opposent ce groupe armé aux forces gouvernementales irakiennes et kurdes, et en raison des frappes aériennes. Certains ont péri lors de frappes aériennes conduites par les forces gouvernementales irakiennes.

En juillet, Amnesty International a publié un rapport recensant les atteintes aux droits humains commises par l’EI, ainsi que par les forces armées irakiennes. Ce rapport attirait l’attention sur le risque accru encouru par les civils du fait de la multiplication des frappes aériennes, et présentait plusieurs cas de civils victimes des frappes aériennes lancées par le gouvernement irakien en juin et en juillet, à Mossoul et aux environs.

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