En finir avec l’interdiction totale de l’avortement au Salvador

« Nous avons reçu une fillette de 9 ans ici. Elle a accouché à l’âge de 10 ans. Elle avait été abusée sexuellement depuis toute petite. (...) Ce cas nous a beaucoup marqués parce qu’elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait… Elle a demandé des crayons de couleur. Des crayons. Nous avons eu le cœur brisé quand elle nous a tous dessinés, et a accroché le dessin au mur. Nous avons dit “Elle n’est encore qu’une fillette, juste une fillette”. Et à la fin, elle ne comprenait toujours pas qu’elle était enceinte. » Un médecin salvadorien, témoignant de l’accouchement d’une fillette de 10 ans, victime de viol. Imaginez que vous vous retrouviez en prison parce que vous avez avorté. Cela arrive en ce moment même, et vous pouvez aider à y mettre un terme. Au Salvador, que l’on se retrouve enceinte à la suite d’un viol ou que la grossesse représente un risque pour la vie de la mère n’a aucune importance : l’avortement est interdit dans tous les cas.

Toute personne déclarée coupable d’avoir avorté ou d’avoir aidé quelqu’un à avorter encourt une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 12 ans. Si vous faites une fausse couche et que l’État vous soupçonne d’avoir avorté clandestinement, vous pouvez être emprisonnée jusqu’à 50 ans pour homicide avec circonstances aggravantes.

Le Salvador affiche le plus fort taux de grossesse chez les adolescentes pour l’Amérique latine, notamment parce qu’aucune éducation sur la sexualité ou les relations personnelles n’est proposée et que l’accès à la contraception est difficile. Par ailleurs, parmi les décès d’adolescentes enceintes, plus de la moitié sont des suicides.

Impossible de le nier : l’interdiction de l’avortement au Salvador représente une forme de torture. Cette interdiction n’a pas sa place dans le monde moderne, elle appartient au passé.

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