Signer en ligne Nicaragua : justice pour les activistes persécutés

Mise à jour 11/06/2019 : ce jour, suite à l’approbation d’une loi d’amnistie par l’assemblée nicaraguayenne, la Belgo-nicaraguayenne Amaya Coppens a été libérée, ainsi que 55 autres détenus. Ceci a été rendu possible notamment grâce à la pression exercée par Amnesty International et d’autres organisations.

Toutefois, des dizaines de personnes sont toujours en prison et la loi d’amnistie récemment approuvée continuera de mettre en danger la vérité, la justice et la réparation des victimes de la crise. Nous exhortons les autorités nicaraguayennes à libérer immédiatement toutes les personnes détenues au seul motif de l’exercice de leur droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique.

AMAYA COPPENS, UNE BELGO-NICARAGUAYENNE VICTIME DE LA RÉPRESSION DU GOUVERNEMENT

Le gouvernement du Nicaragua criminalise les étudiants et les activistes impliqués dans les manifestations qui ont lieu à travers le pays. Le 10 septembre 2018, à León (nord-ouest du pays), plusieurs étudiants faisant partie d’un mouvement opposé au régime de Daniel Ortega ont subi la violente répression de la police nicaraguayenne. Parmi eux, Amaya Coppens (23 ans) étudiante en médecine de nationalité belgo-nicaraguayenne et son compagnon Sergio Midence (30 ans) se sont fait arrêter pour avoir protesté contre le gouvernement du Président Daniel Ortega. Par le biais des médias, la police les a accusés d’être notamment responsables « d’actes terroristes », « d’incendie volontaire », « d’agression » et de « possession illégale d’armes à feu ». La jeune femme risque aujourd’hui jusqu’à 50 ans de prison pour ces graves accusations mais son procès est sans cesse reporté.

En mai 2019 la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) a demandé à la Cour interaméricaine des droits de l’Homme d’adopter des mesures provisoires relatives au sort d’Amaya et de 16 de ses codétenus, compte tenu de leurs conditions de détention qui se dégradent de plus en plus. Ils seraient victimes d’agressions physiques et psychologiques et les visites, la nourriture, la lumière du jour, ainsi que l’accès aux soins médicaux, sont considérablement limités.

Le 16 mai 2019, l’un des détenus, Eddy Montes, a été assassiné à la prison La Modela de Managua.

UNE RÉPRESSION SANS RELÂCHE

Depuis le début des manifestations contre la réforme du système de sécurité sociale lancée par le Président Ortega en avril 2018, le gouvernement nicaraguayen a adopté une stratégie de répression violente. Au moins 325 personnes ont été tuées, principalement par les forces de sécurité de l’État et des groupes armés pro-gouvernementaux, plus de 2 000 blessées, des centaines arrêtées de manière arbitraire et des dizaines de milliers ont fui vers le Costa Rica.

La situation des droits humains au Nicaragua ne cesse de se dégrader un peu plus chaque jour. Des informations continuent de faire état de détentions arbitraires et d’actes de torture infligés aux personnes privées de leur liberté. En outre, les organisations de la société civile dont l’enregistrement a été révoqué par le gouvernement ne peuvent toujours pas travailler librement dans le pays et les journalistes et les défenseurs des droits humains sont toujours harcelés.

Signez notre pétition pour demander au gouvernement du Nicaragua justice pour tous les étudiants et activistes arrêtés et détenus arbitrairement.

En avril 2018 des manifestations ont éclaté au Nicaragua à propos d’une proposition de réforme du système de sécurité sociale du pays. La réforme initialement proposée et approuvée par le président Daniel Ortega impliquait une augmentation des contributions des travailleurs et des employeurs au système de sécurité sociale du pays et une contribution supplémentaire des retraités qui entraînerait une diminution des pensions. Après des jours de manifestations, le 22 avril, le président Ortega a annoncé que l’Institut de sécurité sociale du Nicaragua était en train de révoquer la réforme. Cependant, la réponse sévère des autorités aux manifestations initiales a fait des dizaines de morts et de détention, et a déclenché une réponse massive de la population, manifestant à nouveau dans les rues, cette fois pour dénoncer les stratégies répressives du gouvernement du Nicaragua et exiger la fin de ces stratégies et l’introduction de réformes démocratiques. À ce jour, les manifestations continuent.

Amnesty International a documenté in situ les violations des droits humains commises dans le contexte de la crise au Nicaragua et a conclu que les autorités ont mis en œuvre une stratégie répressive, parfois intentionnellement mortelle pour punir les voix dissidentes, découragent la poursuite des critiques des citoyens et dissimulent la perpétration de violations des droits humains.

Toutes les infos
Toutes les actions

Hong Kong : gazés, agressés et arrêtés pour avoir manifesté

Violences policières lors de manifestations à Hong Kong. Amnesty estime qu’il s’agit de violation du droit international. Signez notre pétition !