Signer en ligne Venezuela : lutter pour survivre et finalement fuir

Exilés. L’histoire d’Eugenia.

Eugenia, jeune réfugiée politique du Venezuela, a fui Caracas il y a deux ans pour rejoindre la Belgique. Avec émotion et lucidité, elle raconte dans ce podcast en 4 parties la violence qui ronge son pays et sa vie d’exilée en Belgique, loin des siens.

En l’écoutant, vous vivrez son long et dangereux parcours, et vous comprendrez pourquoi il faut faire pression sur les pays de la région pour qu’ils protégent les Vénézuelien·ne·s.

Une crise des droits humains sans précédent...

« Lutter pour survivre, c’était cela ma vie à Caracas », explique Stéphanie désormais à Cartagena de Indias, en Colombie. Jésus, 27 ans, dit qu’il s’est enfui au Pérou pour "éviter d’être tué par le SIDA" à cause du manque de médicaments dans le pays. Daniel, 28 ans, a quitté le Venezuela pour le Pérou pour pour « s’éloigner de la peur constante » dans laquelle il vivait . À Buenos Aires, José Luís, un enseignant de 51 ans, veut seulement faire partir ses enfants du Venezuela pour leur offrir une vie meilleure.

« Si vous voulez aller de l’avant, vous devez partir. Si vous voulez mourir, restez. »

Au Venezuela, des personnes sont quotidiennement victimes de violations de leurs droits les plus élémentaires. Ce sont des violations massives des droits humains - droit à la vie, à la santé et à la liberté - qui affectent la société dans son ensemble. Plus de 3,7 millions de personnes ont dû quitter le pays pour fuir cette réalité, cherchant à survivre et à bâtir leur avenir.

… accompagnée d’une répression généralisée

Au lieu de reconnaître et de résoudre cette crise des droits humains, les autorités ont mis en place une politique de répression systématique et généralisée à l’encontre de ceux qui plaident courageusement en faveur d’un changement de gouvernement et d’un accès garanti aux médicaments, à l’eau, à l’éducation, au travail et à d’autres droits humains. En outre, un système de justice partial prive les victimes de protection. Face à cette réalité, des millions de personnes s’en vont chercher la protection d’autres États.

Les États de la région ont un rôle à jouer

Lorsqu’ils dénoncent la grave crise qui touche le Venezuela, les États de la région doivent être cohérents dans leurs déclarations et garantir la protection de toutes les personnes fuyant le pays.

Les pays d’Amérique latine et des Caraïbes ne doivent pas imposer de barrières empêchant l’accès à leur territoire aux personnes fuyant la crise des droits humains au Venezuela et ne doivent pas renvoyer ces personnes vers ce pays où elles risquent d’être victimes d’atteintes aux droits humains. Exhortez-les à prendre les mesures nécessaires pour protéger les Vénézuelien·n·e·s.

Le Venezuela souffre d’une crise sans précédent des droits humains qui touche non seulement des millions de personnes à l’intérieur du pays, mais qui a également forcé un habitant sur dix du Venezuela à quitter leur domicile au cours des quatre dernières années. Ces millions de personnes, tant à l’intérieur qu’à en dehors du pays, ont souffert et continuent de subir des violations des droits humains tels que le droit à la vie, à la santé ou à l’alimentation, droits qui ne sont ni garantis ni protégés par le gouvenement de Nicolás Maduro.

Lorsqu’ils dénoncent la grave crise qui touche le Venezuela, les États de la région doivent être cohérents dans leurs déclarations et garantir la protection de toutes les personnes fuyant le pays.

Les Vénézuéliens et Vénézuéliennes ont besoin d’une protection internationale. Ces personnes doivent avoir la possibilité de solliciter le statut de réfugié ou de faire appel à d’autres mécanismes pour régulariser leur séjour sans restriction ni délai, et doivent pouvoir accéder aux services de santé et d’éducation, au travail et à tous les autres services publics sans discrimination. Elles ne doivent en aucun cas être renvoyées au Venezuela.

La crise des droits humains au Venezuela est de plus en plus grave et profonde et affecte les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels de millions de personnes. D’après les Nations unies, 3,7 millions de personnes ont fui le Venezuela ces dernières années, et au moins 7 millions ont maintenant besoin d’une aide humanitaire dans le pays.

C’est dans ce contexte qu’Amnesty International a appelé, en septembre 2018, les États des Amériques à « déclarer à l’unanimité que le Venezuela était confronté à une situation de violation massive des droits humains et que, dans de telles circonstances, la situation requiert une réponse immédiate dans le respect des droits de l’homme.

Avec son dernier rapport, Amnesty International met en lumière le fait que la crise requiert une action immédiate pour faire face aux besoins les plus urgents de la population vénézuélienne. Toute solution ou action destinée à faire face à la crise doit être conforme aux obligations internationales en matière de respect et de protection des droits humains, et les victimes doivent toujours être au centre des discussions.

Les chefs d’État des autres pays de la région doivent soutenir les efforts en vue d’assurer l’accès à la justice et l’obligation de rendre des comptes pour la crise des droits humains et reconnaître les droits des personnes fuyant le Venezuela pour obtenir une protection internationale.

Voyez aussi le rapport d’Amnesty, intitulé Hunger for Justice. Crimes against humanity in Venezuela qui rappellent que les exécutions extrajudiciaires ciblées, les détentions arbitraires et les morts et blessures résultant d’une utilisation excessive de la force auxquelles le gouvernement de Nicolás Maduro a recours de manière systématique et généralisée depuis au moins 2017 peuvent constituer des crimes contre l’humanité.

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