La violence n’a pas sa place dans les Jeux

Les cas de recours excessif à la force par la police se sont multipliés dans L’État de Rio de Janeiro ces dernières années. Les exécutions extrajudiciaires sont de plus en plus courantes dans les favelas et autres zones marginalisées, où les jeunes hommes noirs sont souvent pris pour cible. Plus de 300 personnes tuées par des policiers Le Brésil est l’un des pays où le taux d’homicide est le plus élevé. Ce taux, qui était en baisse depuis 2011, est remonté en 2014. S’il n’est pas possible d’établir un lien direct entre cette augmentation et les préparatifs des Jeux olympiques, il est toutefois clair que l’usage de la force excessive et de la violence par les organes chargés de la sécurité publique revêt désormais un caractère systématique, en toute impunité. Par ailleurs, une grande partie des homicides commis par la police ont lieu dans l’État de Rio de Janeiro, où se dérouleront les Jeux olympiques. En 2015, Amnesty International publiait un rapport intitulé « You killed my son : Homicides Committed by Military Police in the City of Rio de Janeiro » qui expose en détail les pratiques policières dans la favela d’Acari à la suite de la Coupe du monde 2014. Une impunité quasi totale Au moins 307 personnes ont été tuées par des policiers l’an dernier, pour la seule ville de Rio de Janeiro. Ce chiffre représente un cinquième des homicides commis dans la ville. Pourtant, les autorités n’ont pas amené les responsables présumés à rendre compte de leurs actes. Elles se sont de plus montrées de plus en plus intolérantes (...)

Près de 16 % des homicides perpétrés dans la ville de Rio de Janeiro ces cinq dernières années étaient des homicides commis par des policiers en service, classés dans la catégorie « résistance suivie de mort ».

Ces homicides ne font pratiquement jamais l’objet d’une enquête. Quand une personne est tuée lors d’une intervention policière, un membre de la police civile établit un rapport administratif pour déterminer s’il s’agissait d’un cas de légitime défense ou s’il convient d’engager des poursuites pénales. Dans la pratique, la plupart des cas sont classés dans la catégorie « résistance suivie de mort », qui empêche toute enquête indépendante et protège les auteurs de toute poursuite devant les tribunaux civils.

Lorsque la police accuse la victime de liens avec des bandes criminelles, l’enquête cherche généralement à accréditer la thèse de la légitime défense avancée par les policiers plutôt qu’à déterminer les circonstances exactes de l’homicide.

Amnesty International a aussi découvert que les scènes de crime étaient souvent modifiées – les policiers enlevant le cadavre sans prendre les précautions requises et plaçant des armes ou d’autres « preuves » à proximité du corps. Dans les cas où la victime est soupçonnée d’être impliquée dans le trafic de stupéfiants, l’enquête se concentre généralement sur son profil criminel afin de légitimer l’homicide.

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