Marche solidaire : Journée mondiale pour la dépénalisation de l’avortement

À l’occasion de la Journée mondiale pour la dépénalisation de l’avortement, Amnesty International s’associe avec de nombreuses associations actives pour les droits des femmes en Belgique et ailleurs, pour une marche solidaire dans Bruxelles.

En solidarité avec l’ensemble des femmes européennes, après la lutte exemplaire des femmes espagnoles en 2015, polonaises en 2016, nous exigeons que les droits des femmes, la liberté à disposer de son corps, le droit à l’avortement et à la santé soient respectés dans tous les pays européens et inscrits comme droits fondamentaux pour l’égalité en Europe.

Aujourd’hui, le droit à l’avortement au sein de l’Europe relève de la compétence de chaque Etat. Interdit en Irlande et à Malte, sous hautes contraintes en Hongrie et en Pologne, le droit à l’avortement, même légalisé est, peut ou pourrait être remis en question par le maintien de la clause de conscience des médecins (Italie), l’absence de structures hospitalières adéquat (Grèce, Bavière), les restrictions de personnels et les suppressions des centres pratiquant l’avortement lors de restructurations hospitalières (France), et, dans tous les pays, par l’élection de gouvernements réactionnaires, conservateurs et rétrogrades.

Cette manifestation, co-organisée par plusieurs associations belges et françaises, est réalisée dans le cadre de la Rencontre Européenne de la Marche mondiale des femmes du 28 septembre au 1 octobre à Bruxelles.

TANT QUE TOUTES LES FEMMES NE SERONT PAS LIBRES,
NOUS SERONS EN MARCHE !

Infos pratique :

Quand : Jeudi 28 septembre de 17h30 à 20h00
 : Au Quartier Européen de Bruxelles
Le rassemblement se fera à l’Esplanade du Parc du Cinquantenaire à 17h30 et on rejoindra, ensemble, la petite rue de la Loi (place Schuman) au rythme de nos chants revendicatifs et d’une fanfare, Candence Madingue, à 18h30.

Événement en ligne sur Facebook :

COMPLÉMENT D’INFORMATION : AMNESTY ET L’AVORTEMENT

Amnesty International demande à tous les États d’abroger les lois en vertu desquelles les femmes sont, ou peuvent être, inculpées et emprisonnées pour avoir cherché à se faire avorter ou avoir subi un avortement. Les États doivent se doter d’une réglementation sensée sur l’accès à l’avortement, obligeant, par exemple, les médecins à être diplômés, offrant une protection contre les erreurs médicales et fixant une période de grossesse au-delà de laquelle il n’est plus possible d’avorter. En revanche, ils doivent abroger les lois qui stigmatisent les membres du corps médical ayant donné des informations sur l’avortement ou procédé à des avortements dans le cadre des limites raisonnables fixées.

Toutes les femmes qui présentent des complications à la suite d’un avortement doivent avoir accès à des services médicaux appropriés, que leur avortement soit ou non légal au regard de la législation nationale. Les États doivent faire en sorte que les femmes qui se retrouvent enceintes après avoir subi des violences sexuelles, notamment l’inceste, puissent recourir à des services d’interruption de grossesse légaux et sans risques. Lorsqu’une grossesse présente un risque pour la vie d’une femme ou un risque grave pour sa santé, l’État doit faire en sorte qu’elle ait accès à des services pratiquant l’avortement légalement et sans risques.

Amnesty International ne prend pas de position sur la nécessité d’avorter pour une femme se trouvant dans l’une ou l’autre de ces situations. L’organisation souhaite simplement qu’il existe des services assurant des interruptions de grossesse en toute sécurité et de façon accessible à ces femmes, afin de prévenir les graves violations des droits humains qui pourraient se produire si les femmes se voyaient refuser cette possibilité.

Face à des problèmes de droits humains particuliers, Amnesty International s’est également penchée sur certaines difficultés d’accès à l’avortement, comme l’exigence, pour une mineure ayant subi un viol, d’une autorisation parentale et l’autorisation préalable d’une autorité compétente. Elle a aussi examiné le cas des membres du corps médical qui invoquent l’objection de conscience, laquelle n’est pas règlementée, ou encore sur l’effet intimidant que peuvent produire sur le personnel des services de santé, des dispositions constitutionnelles sur le droit à la vie dès la conception.