L’ère du numérique

Le monde numérique atténue certaines inégalités et permet à un nombre toujours plus élevé d’entre nous d’accéder aux informations dont nous avons besoin pour interpeller les gouvernements et les entreprises. L’information est source de pouvoir, et Internet est à même de donner aux sept milliards d’habitants de la planète les moyens d’agir. Cela permet à tous de parler de ce que nous voyons et ressentons, où que nous soyons et quelle que soit la réalité que nous observons.

Ceci dit...aujourd’hui la liberté d’expression reste fonction de l’aisance matérielle, des privilèges et de la place de chacun au sein de la société. Les responsables de chaînes télévisées, par exemple, peuvent diffuser leur message à bien plus de personnes que le reste de la population. De même, ceux qui dispose de leur propre ordinateur portable et d’une connexion haut débit ont beaucoup plus facilement accès à l’information que ceux qui doivent marcher des kilomètres pour se rendre dans un cybercafé.

De plus en plus, les États essaient d’ériger des pare-feux en vue de circonscrire les communications numériques. La Chine, l’Iran et le Viêt-Nam essaient de mettre en place des dispositifs leur permettant de contrôler l’accès aux informations disponibles dans la sphère numérique. Dans la région du Cachemire, dans le nord de l’Inde, l’Internet et les communications mobiles sont suspendus lorsque le moindre trouble survient. À Amnesty, nous trouvons sans cesse de nouvelles manières d’empêcher que notre site Internet soit bloqué en Chine.

Les gouvernements utilisent en outre des technologies dangereuses et sophistiquées qui leur permettent de lire les courriels privés de militants et de journalistes, et d’allumer à distance la caméra ou le microphone de l’ordinateur de ceux-ci afin d’enregistrer subrepticement leurs activités. En 2014, Amnesty et une coalition d’organisations de défense des droits humains et spécialistes de ces technologies ont lancé « Detekt »- un outil simple permettant aux militants de passer leurs appareils au crible afin d’y détecter la présence d’éventuels logiciels espions.