Manifester sa présence en tant que femme dans l’espace public

Si l’on se met à observer l’espace public avec une attention particulière, il est notable que ce dernier est le puissant reflet des inégalités entre les hommes et les femmes.

Les questions de genre sont insuffisamment prises en compte dans les politiques qui régissent l’aménagement du territoire, l’urbanisme, les transports ou encore l’architecture. Les lieux de socialité et de débat public peuvent s’avérer excluants. Les conséquences sur le quotidien des jeunes filles et des femmes sont nombreuses et constituent une véritable entrave à la liberté de déplacement des femmes.

Sur les grandes plateformes digitales aussi, le genre est déterminant. Les femmes y sont exposées au sexisme, au cyberharcèlement ou encore à des phénomènes d’invisibilisation. Ces oppressions multiples poussent à des stratégies d’évitement inédites. Ces formes cumulées et complexes de l’expression du patriarcat dans la rue sont encore plus fortes lorsqu’elles se combinent à d’autres formes de discriminations intersectionnelles. Heureusement, aujourd’hui, des voix se lèvent pour que les femmes espèrent un jour pouvoir habiter, flâner et s’ancrer dans l’espace public sans ne faire qu’y passer à travers.

Existent-ils des solutions concrètes pour que les femmes puissent se réapproprier l’espace public ? Comment sortir des simples “ recommandations” et aboutir à de vrais changements de normes ? Comment définir et promouvoir le gender mainstreaming ou encore le gender budgeting ? Comment, en parallèle, sensibiliser contre les formes d’empiètement de l’espace public par les hommes (mansplaining, manspreading) ? Comment réinventer les lieux de socialité et de passage dans une perspective qui allie genre et intersectionnalité ? Et si les grandes plateformes digitales reproduisent ces inégalités, est-il encore temps de les infléchir et de réfléchir autrement ?

Les intervenantes :

Laura Chaumont est formatrice en autodéfense pour femmes et filles ainsi que collaboratrice des projets Espaces publics et Enfants CAPables au sein de Garance ASBL. L’association lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes basées sur le genre. L’équipe travaille à un objectif essentiel : se respecter et se faire respecter et ainsi contribuer à une société plus égalitaire et moins violente.

Charlotte (le prénom a été modifié) fait partie du collectif Collages féministes Bruxelles, groupe de collage inclusif et intersectionnel en non mixité. Un exemple de réappropriation de l’espace public qui marque les esprits et qui permet de rendre visible les nombreuses sources d’oppression croisées dont sont victimes les femmes dans les espaces qu’elles côtoient au quotidien.

Apolline Vranken s’investit dès 2014 au Cercle Féministe de l’ULB et se passionne pour les questions de rapport de genre dans l’espace et d’égalité urbaine. Elle investigue ces thématiques dans son travail de fin d’études « Des béguinages à l’architecture féministe. Comment interroger et subvertir les rapports de genre matérialisés dans l’habitat ? », publié par l’Université des Femmes en 2018. Après l’obtention de son diplôme en architecture à l’ULB en 2017, Apolline travaille comme architecte au sein du bureau Urban Platform et comme chargée de projets pour l’asbl L’Ilot-Sortir du sans-abrisme. Depuis février 2021, elle est chercheuse doctorante (FRESH-FNRS) au sein du laboratoire Hortence (Faculté d’architecture La Cambre-Horta ULB). Avec sa plateforme L’architecture qui dégenre, elle est également à l’initiative de l’édition belge des Journées du Matrimoine.

Du 22 au 27 février, on se donne rendez- vous pour la toute première édition du Manifestival Amnesty International Belgique francophone afin d’explorer, ensemble, la notion de “manifester”. Que l’on veuille manifester ses opinions, sa voix, sa place, son/ses identités ou encore son indignation dans l’espace public, il semble de plus en plus difficile pour certain·e·s de faire corps avec les lieux de tous et de toutes.

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Mais qu’est-ce que l’espace public ? Ou plutôt “les” car, nous le verrons, ils sont divers ! C’est une notion transversale qui peut se penser en opposition avec l’espace privé, l’intimité. C’est dans ces lieux que nous faisons la publicité de ce que nous sommes, de ce que nous pensons, ou encore de ce que nous produisons. C’est enfin une réalité changeante qui impacte nos représentations, nos imaginaires, nos vies et nos combats.

Soit que nos libertés fondamentales sont entravées par la crise sanitaire et le confinement, soit parce qu’on est une femme ou que l’on s’identifie en tant que femme et que l’espace qui nous entoure est créateur d’inégalités, soit encore parce qu’on est une personne racisée et que l’on est à la fois silenciée et/ou essentialisée dans l’opinion. En bref, il n’est pas facile de (se) manifester dans l’espace public sans prendre un risque que celui-ci soit inconscient, calculé ou redouté !

Plusieurs intervenant·e·s aux trajectoires passionnantes se relaieront pour aborder quatre grandes thématiques. Un programme construit sur mesure pour parler à la jeunesse.

Parce que le Manifestival, c’est aussi un festival, nous aurons l’immense plaisir, à l’ouverture des festivités, d’accueillir la chanteuse Saskia pour un concert privé sur mesure. Pour la clôture, Anne-Sarah Nkuna Mayama, la jeune Youtubeuse engagée star des vidéos de TARMAC et de FREALLY donnera un live de questions/réponses sur Instagram !

Au programme :

  • 4 conférences digitales
  • 2 évènements inédits
  • 2 lieux : sur notre page Facebook @amnestybe et sur notre chaîne Youtube @amnestyBe
Ajouter à votre agenda DD/MM/YYYY 24/02/2021 18:00 24/02/2021 19:00 Europe/Brussels Manifester sa présence en tant que femme dans l'espace public Si l’on se met à observer l’espace public avec une attention particulière, il est notable que ce dernier est le puissant reflet des inégalités entre les hommes et les femmes. Les questions de genre (...)

Le militant russe Alexeï Navalny doit être libéré

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