Afrique du Sud. Les personnes déplacées ne doivent pas être retirées de force des camps provisoires

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Ce mercredi 23 juillet, Amnesty International a condamné le transfert forcé, effectué par la police, de plus de 700 personnes – dont des réfugiés et des demandeurs d’asile – depuis le camp de déplacés de Glenanda (aussi connu sous le nom de camp de Rifle Range Road) près de Johannesburg, jusqu’au centre de rapatriement de Lindela.

Ces transferts, qui ont eu lieu mardi 22 juillet, exposent les personnes concernées à un risque imminent d’expulsion hors du territoire sud-africain.

Ils ont fait suite à un épisode survenu sur le site de Glenanda le 17 juillet, à l’occasion duquel la police a recouru de manière excessive à la force contre des résidents, blessant 23 personnes en leur tirant dessus à bout portant avec des balles en caoutchouc. Amnesty International a demandé qu’une enquête exhaustive soit menée sur cette affaire.

Les transferts de mardi ont eu lieu après que des fonctionnaires aient inauguré un système d’immatriculation et de délivrance de permis de résidence temporaires pour les milliers de personnes toujours déplacées à l’intérieur du pays, du fait des violences xénophobes qui ont éclaté en mai dans le Gauteng, le Cap-Ouest, à Durban et ailleurs en Afrique du Sud. Les personnes retirées du camp de Glenanda n’avaient semble-t-il pas fait les démarches nécessaires en vue de leur immatriculation et ne disposaient donc pas de ces nouveaux papiers d’identité.

« La nouvelle procédure d’immatriculation a mené à la confusion, exacerbé les tensions et suscité chez certaines personnes vivant dans les camps de déplacés une réticence à se faire immatriculer. Il y a eu un manque d’informations fiables et claires sur la procédure et ses conséquences, a estimé Amnesty International. Nous avons fait part au gouvernement de nos inquiétudes quant à la manière dont ce nouveau système a été introduit, notamment sur le manque de clarté à propos des effets du nouveau permis sur le statut légal existant de ces personnes. C’est particulièrement crucial pour ceux qui bénéficient déjà du statut de réfugié ou d’autres droits de résidence. »

L’organisation a également dénoncé le fait que les personnes ayant évité la procédure d’immatriculation au camp de déplacés de Glenanda ont été empêchées de manger à leur faim par des représentants de l’État. Ceci constitue une infraction aux obligations incombant à l’Afrique du Sud en vertu du droit international.

Amnesty International a demandé au gouvernement sud-africain d’honorer ses obligations en matière de droits humains, et de ne pas renvoyer de force dans un pays qu’ils ont fui les demandeurs d’asile et autres personnes en quête de protection internationale.

Des délégués d’Amnesty International se sont rendus sur certains des sites pour personnes déplacées plus tôt ce mois-ci et ont appris que plusieurs avaient tenté de retourner dans leur pays d’origine mais avaient fait l’objet de menaces verbales ou d’agressions physiques.

« Nous exhortons le gouvernement à ne pas fermer ces sites hâtivement. On attend de plus en plus des personnes se trouvant dans ces camps qu’elles se réinsèrent dans la société alors qu’aucun plan de réinsertion sûr et durable n’a été mis en place, a déclaré Amnesty International. Un grand nombre de ces personnes souffrent toujours du traumatisme lié aux agressions violentes dont elles ont été victimes et à la destruction de leurs biens en mai. Le gouvernement doit leur expliquer de manière beaucoup plus complète les conséquences de la procédure d’immatriculation, et veiller à ce que leurs droits fondamentaux soient respectés. »


Complément d’information

Le 23 mai 2008, Amnesty International a appelé le gouvernement sud-africain à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les droits fondamentaux des personnes qui continuent à être confrontées au risque d’attaques violentes et de déplacements forcés en raison de leur origine ethnique supposée ou de leur statut d’étranger ou de demandeur d’asile.

Voir AFR 53/007/2008

FIN

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