Amnesty International et d’autres ONG sous la surveillance des autorités moldaves

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Les autorités moldaves semblent sanctionner des organisations non gouvernementales (ONG) parce qu’elles effectuent leur travail qui consiste à défendre les droits humains, a déclaré Amnesty International ce mercredi 29 avril 2009.

Dans une lettre adressée au Premier ministre moldave, Amnesty International a fait part de ses préoccupations concernant certaines ONG en Moldavie qui participent au processus de surveillance électorale et recueillent des témoignages sur les violations des droits humains qu’auraient commises les autorités pendant et après les violentes manifestations du 7 avril. Ces organisations sont en butte à des enquêtes sans précédent du ministère de la Justice et à des contrôles rigoureux de l’inspection des impôts.

« Les défenseurs des droits humains sont une source d’inspiration et méritent le soutien et l’appui de l’État dans leur lutte pour la protection des droits fondamentaux, a affirmé Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« Les autorités moldaves manquent à leur devoir, inscrit dans la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme, de veiller à ce que les militants des droits humains puissent faire leur travail sans entrave et soient protégés contre toute violation de leurs droits. »

Selon des informations parvenues à Amnesty International, pas moins de sept ONG, dont la structure locale d’Amnesty International, ont reçu des courriers du ministère de la Justice datés du 16 avril. Chaque organisation devait expliquer sa position sur les émeutes et les mesures qu’elle avait prises afin de prévenir et d’endiguer la violence. Ces sept organisations et quatre autres ont également reçu des convocations émanant d’antennes locales d’inspection des impôts, datées du 24 avril, qui leur demandaient de présenter des rapports financiers de 2008 et 2009 et d’identifier leurs sources de revenus et leurs dépenses jusqu’au 28 avril. Au regard des délais extrêmement courts donnés pour produire ces informations, elles auront bien du mal à satisfaire ces requêtes.

Le 28 avril, des inspecteurs locaux des impôts se sont rendus au bureau d’Amnesty International en Moldavie. Ils ont prié l’organisation de leur fournir, entre autres, une copie de la liste des salariés.

Amnesty International s’efforce d’obtenir des éclaircissements quant à ces mesures prises par les autorités de l’État.

Elle exhorte le gouvernement moldave à veiller à ce que les mouvements de défense des droits humains et les militants de la société civile puissent mener à bien leurs activités dans un environnement qui ne soit pas empreint de harcèlement, d’obstruction ni d’intimidation.

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