Communiqué de presse

Arabie saoudite. Le procès d’un manifestant de Riyadh est « totalement injustifié »

Le procès devant une cour de sûreté de l’État d’un enseignant saoudien arrêté il y a près d’un an alors qu’il venait manifester à Riyadh à l’occasion de la « Journée de la colère » est une atteinte à ses droits fondamentaux, a déclaré Amnesty International mercredi 22 février 2012.


Khaled al Johani
a comparu ce 22 février devant la Cour pénale spéciale de Riyadh, tribunal créé en 2008 pour juger les détenus inculpés d’infractions liées au terrorisme. Celle-ci a renvoyé l’affaire au mois d’avril.

« Khaled al Johani ne devrait pas être jugé pour avoir simplement exercé ses droits à la liberté d’expression et de réunion », a déclaré Philip Luther, directeur par intérim du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Le fait qu’il comparaisse devant un tribunal conçu à l’origine pour gérer les affaires liées au terrorisme ne fait qu’aggraver l’insulte qui lui est faite. »

« Ce procès est totalement injustifié. Nous appelons les autorités saoudiennes à libérer cet homme immédiatement et sans condition, de même que toutes les personnes détenues pour des charges similaires. »

Khaled al Johani est, semble-t-il, le seul manifestant qui soit parvenu à se rendre sur le lieu de la manifestation prévue le 11 mars 2011 à Riyadh, à l’occasion de la « Journée de la colère ».Cet homme, âgé de 42 ans, a été arrêté par les forces de sécurité et placé en détention quelques minutes après avoir accordé une interview à BBC Arabic, au cours de laquelle il a évoqué le manque de libertés en Arabie saoudite. Lors de son procès, le 22 février 2012, le procureur général a lu les chefs d’inculpation retenus contre lui. Il lui est notamment reproché d’avoir soutenu les manifestations, de s’être rendu sur le lieu d’une manifestation et d’avoir communiqué avec des médias étrangers « d’une manière préjudiciable à la réputation du royaume d’Arabie saoudite. » Depuis son arrestation, Khaled al Johani n’a été assisté par aucun avocat, y compris lors de cette audience devant le tribunal.

Cependant, le juge a déclaré qu’il pourrait engager l’avocat de son choix d’ici une semaine. Khaled al Johani est père de cinq enfants âgés de six mois à 12 ans. Le plus jeune est né pendant sa détention. Amnesty International considère cet homme comme un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression et de réunion. L’organisation a appris qu’un autre homme était jugé par le même tribunal pour des charges liées à la manifestation avortée du 11 mars 2011 à Riyadh.

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