Bangladesh, la responsabilité de l’éducation des enfants rohingyas doit être partagée

La communauté internationale ne doit pas esquiver sa responsabilité s’agissant de dispenser une éducation aux enfants rohingyas dans les camps du district de Cox’s Bazar, a déclaré Amnesty International à la veille du premier Forum mondial sur les réfugiés.

Plus d’un demi-million d’enfants n’ont toujours pas pu aller en classe depuis qu’ils sont arrivés dans les camps de réfugiés il y a plus de deux ans.

Le Forum mondial sur les réfugiés, organisé par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Genève du 16 au 18 décembre, fait de l’éducation l’un de ses six thèmes principaux.

« Les enfants rohingyas dans les camps du district de de Cox’s Bazar ne doivent pas être une génération perdue. La communauté internationale doit accepter qu’ils ne pourront pas rentrer chez eux au Myanmar avant un certain temps. Et ils ne peuvent pas voir leur avenir leur échapper lentement du fait de conditions qui les privent de leur droit à l’éducation, a déclaré Saad Hammadi, chargé de campagne sur l’Asie du Sud à Amnesty International.

« Lorsqu’un enfant reçoit une éducation, tout le monde en bénéficie. Le Bangladesh et la communauté internationale doivent se mobiliser et partager la responsabilité s’agissant de dispenser un enseignement à tous les enfants à Cox’s Bazar, aux réfugiés rohingyas, ainsi qu’à la communauté hôte. Le gouvernement du Bangladesh doit commencer par lever les restrictions en matière de scolarisation des réfugiés actuellement en vigueur. »

La communauté d’accueil à Cox’s Bazar souffre d’une pénurie d’enseignants car ils cherchent des emplois mieux payés, souvent dans des agences humanitaires, et connaît un fort taux d’étudiants qui arrêtent leurs études, notamment en raison des pressions exercées sur les enfants pour qu’ils entrent sur le marché du travail rapidement, afin de faire face au coût croissant de la vie tandis que les revenus des ménages continuent de baisser.

D’après une évaluation multisectorielle des besoins publiée par le Groupe de coordination intersectorielle en octobre 2019, près d’un tiers des 1 311 ménages interrogés à Cox’s Bazar ont au moins un enfant d’âge primaire ou secondaire qui n’est pas scolarisé.

Dans le cadre du Plan d’intervention conjoint de 2019 pour les réfugiés rohingyas et la communauté d’accueil à Cox’s Bazar, en octobre, le Bangladesh n’avait reçu que 40 % des 59,9 millions de dollars américains nécessaires pour financer les projets d’éducation. Les responsables humanitaires craignent que le financement pour l’éducation ne diminue encore en 2020.

L’accès à un enseignement de qualité homologué est fondamental pour doter les enfants rohingyas de connaissances qu’ils pourront mettre à profit pour réaliser et revendiquer leurs droits fondamentaux, tout en contribuant à l’économie, quel que soit l’endroit où ils se trouvent.

«  Il est dans l’intérêt de tous de voir tous les enfants à Cox’s Bazar recevoir une éducation de qualité, à laquelle ils ont droit. L’éducation peut permettre à des communautés entières de s’élever. Loin d’être un fardeau pour l’économie nationale, elle devrait être perçue comme un investissement qui rapportera des bénéfices importants. En revanche, l’absence d’éducation peut avoir des conséquences désastreuses  », a déclaré Saad Hammadi.

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