Communiqué de presse

Belgique. Nouveau Plan intra-francophone de lutte contre les violences faites aux femmes

Amnesty International et SOS Viol se réjouissent des nouvelles mesures et exhortent les entités à débloquer les budgets nécessaires à leur mise en place.

Ce 13 juillet, SOS Viol et la section belge francophone d’Amnesty International ont pris connaissance du contenu du nouveau Plan intra-francophone 2015-2019 de lutte contre les violences sexistes et intra-familiales. Les deux associations se réjouissent de constater qu’une partie des mesures qu’elles ont proposées dans le cadre de leur campagne contre le viol a bien été reprise dans le nouveau Plan. Ce dernier, contrairement au précédent, inclut spécifiquement la question des violences sexuelles. Cependant, les budgets n’ont pas encore été décidés et ils doivent être votés en conséquence, afin que ces engagements ne restent pas lettre morte.

Dans le cadre de leur campagne “Quand c’est non, c’est non”, lancée en mars 2014, SOS Viol et Amnesty International Belgique francophone avaient présenté une série de recommandations aux différentes entités politiques belges pour mieux lutter contre le viol en Belgique. Plusieurs de ces recommandations se retrouvent dans le nouveau plan, et notamment la création d’une ligne téléphonique “SOS Viol” disponible 7j/7 et 24h/24, qui était l’une des demandes principales de la campagne. La mise en place de cette ligne est un vrai pas en avant pour les victimes de viol qui, jusqu’ici ici, ne disposaient que de la ligne téléphonique de SOS Viol ouverte pendant les heures de bureaux.

Entre autres mesures bienvenues, les entités promettent de rédiger un décret pour pérenniser les services ambulatoires spécialisés dans la prise en charge des victimes de violence ; de soutenir les initiatives du secteur associatif apportant une aide psycho-médico-sociale et/ou juridique aux victimes ; de favoriser la formation continue sur les violences sexuelles des professionnels de la santé, du social et du secteur juridique et de renforcer les animations d’Éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) dès l’enseignement fondamental sur les violences liées au genre. La collecte de données statistiques concernant les différentes formes de violence envers les femmes fait également partie des priorités du Plan.

Si ces mesures témoignent d’un réel engagement de la part des entités francophones de faire des violences faites aux femmes et du viol une priorité, elles resteront lettre morte si elles ne sont pas accompagnées du budget adéquat. En cette période de restrictions budgétaires et de coupes inquiétantes dans les secteurs social et de la santé, Amnesty International Belgique francophone et SOS Viol demandent donc que la priorité accordée à la lutte contre le viol soit concrétisée lors du vote des budgets des différentes entités. Le financement des services ambulatoires d’accompagnement des victimes de violence sexuelle doit également être assuré.

Par ailleurs, SOS Viol et Amnesty International Belgique francophone regrettent que le Plan ne prévoie pas de lancer une campagne de sensibilisation contre le viol, mais seulement “d’envisager la pertinence” de le faire. Une telle campagne est nécessaire lorsque l’on sait que 13% des femmes sont victimes de viol en Belgique et que la grande majorité d’entre elles n’entreprennent aucune démarche suite à leur agression. De plus, les deux associations s’inquiètent de ne pas voir de référence à la nécessité de travailler en réseau, la problématique des violences sexuelles touchant pourtant plusieurs secteurs (politique, judiciaire, santé, social, etc.). Enfin, une autre inquiétude concerne le fait que le Plan ne fait pas mention de l’amélioration du suivi de la procédure judiciaire de la prise en charge des victimes de violence sexuelle au niveau judiciaire ; il est pourtant essentiel que les victimes soient accompagnées du début à la fin de la procédure, qui peut s’avérer longue et éprouvante.

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